‹ Histoire et mémoires (volume 3)Chapitre 38 sur 232 · CHAPITRE VIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIIL

dans le pillage y cela doit*il étonner d'une armée exaspérée par de si grands besoins , si souffrante, et composée de tant de nations?

Depuis, comme il arrive toujours , l'infortune ayant écrasé ces guerriers, des reproches s'élevèrent. Eh! qui ne sait que de pareils désordres ont toujours été le mauvais coté des grandes guerres, la partie honteuse de la gloire; que la renommée des conquérants porte son ombre comme toutes les choses de ce monde? Existe-t-il un être , si pelit qu'il soit, que le soleil , malgré son immensité , puisse éclairer à la fois de tous côtés? C'est donc une loi de la nature,, que les grands corps aient de grandes ombres.

Au reste , on s'est trop étonné des vertus comme des vices de cette armée. C'étaient les vertus d'alors, les vices du temps, et par cela même les unes furent moins louables , et les autres moins blâmables , en ce qu'ils étaient, pour ainsi dire, commandés par l'exemple et les ciconstances. C'est ainsi que tout est relatif ; ce qui n'exclut pas la fixilé de principes, Je mieux ou le bien absolu , comme point de départ et comme but. Mais il s'agit ici du jugement qu'on a poplé de celle armée et de son Chef, ce qu'on n'a pu l)ien faire qu'en se niellant à leur place : or, comme celle position élait Irès-élevée, très- extraordinaire, fort compliquée, peu d'esprits y peuvent atteindre, en embrasser l'ensemble , et en apprécier tous les résultais nécessaires.

64 LiVRE HUITIÈME.

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