‹ Histoire et mémoires (volume 3)Chapitre 41 sur 232 · CHAPITRE IX. C · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. C

difs. Depuis ils n'ont rien réclamé , même au milieu de la capitale ennemie qu'ils ont préservée ! Leur renommée en est restée grande et pure. Us ont connu la vraie gloire; et quand une civilisation plus avancée aura pénétré dans tous leurs rangs, ce grand peuple aura son grand siècle, et tiendra à son tour ce sceptre de gloire, qu'il semble que les nations de la terre doivent se céder successivement !

Cette marche tortueuse que fit Kutusof, par indécision ou par ruse , lui réussit. Murât perdit sa trace pendant trois jours. Le Russe en profita pour étudier son terrain et s'y retrancher. Son avant-garde allait atteindre Voronowo , l'ime des plus belles possessions du Qjmte Rostopchin , lorsque ce Gouverneur prit les devants. Les Russes crurent que ce Seigneur voulait revoir pour la dernière fois ses foyers , quand tout à coup l'édifice disparut à leurs yeux dans des tourbillons de fumée!

Ils se pressent pour éteindre cet incendie , mais c'est Rostopchin lui-même qui les repousse ! Us l'aperçoivent, au milieu des flammes qu'il attise, sourire à l'écroulement de cette superbe demeure , puis , d'une main ferme , tracer ces mots que les Français , en frissonnant de surprise , lurent sur la porte de fer d'une église restée debout : « J'ai embelli pendant huit ans « cette campagne , et j'y ai vécu heureux au sein de « ma famille. Les habitants de cette terre , au nombre « de dix-sept cent vingt, la quittent à votre approche^

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ce et moi je mets le feu à ma maison j pour qu'elle ne « soit pas souillée par votre présence ! Français! je ce vous ai abandonné mes deux maisons de Moscou , ce avec un mobilier d'un demi-million de roubles; ici « vous ne trouverez que des cendres ! »

Ce fut près de là que Murât joignit Kutusof. Il y eut, le 29 septembre, un vif engagement de cavalerie vers Czerikowo. Il tournait mal pour notre cavalerie, quand Poniatowski , réduit à trois mille Polonais , accourut. Ce Prince , secondé par les généraux Pazkowchi et Kniaziewicz , accepta audacieusement le combat contre vingt mille Russes. Ses habiles dispositions et la valeur polonaise arrêtèrent Miloradowitch pendant plusieurs heures. Un généreux trait de dévouement du Prince polonais déconcerta le dernier et le plus -grand effort du général russe. L'occasion fut si pressante que Poniatowski, à la tête de quarante cavaliers seulement, et désarmé par un accident imprévu , chargea la colonne d'attaque ennemie à coups de fouet, mais si impétueusement, qu'il l'étonna, l'ébranla , la rompit , et obtint enfin une victoire que la nuit vint lui conserver !

Un autre engagement eut encore lieu, le 4 octobre, vers Winkowo; mais là Miloradov^itch , serré de trop près, se retourna avec fureur, et revint avec douze mille chevaux sur Sébastianit 11 le mit dans un tel danger, que Murât dicta au milieu du feu la demande d'une suspension d'armes , en annonçant à

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