‹ Histoire et mémoires (volume 3)Chapitre 49 sur 232 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

près villages , pour en chasser nos fourrageurs, et les livrer aux Cosaques , qu'ils avaient d'abord appelés ^ et qui nous y tenaient assiégés.

Ce furent encore des paysans qui prirent Véréia , ville voisine de Moscou. Un de leurs prêtres conçut, (lit-on , le projet de ce coup de main , et l'exécuta. Il arma des habitants , obtint quelques troupes de Kutiisof; puis, le lo octobre, avant le jour, il fit donner, d'une part, le signal d'une fausse attaque , quand , de l'autre , lui-même se précipitait sur nos palissades. 11 les détruisit , pénétra dans la ville , et en fit égorger toute la garnison.

Ainsi la guerre était partout, devant, sur nos flancs , derrière nous : l'armée s'affaiblissait ; l'ennemi devenait chaque jour plus entreprenant. Il en allait être de cette conquête comme de tant d'autres , qui se font en masse et se perdent en détail.

Murât lui-même s'inquiète enfin. 11 a vu dans ces affaires journalières se fondre la moitié du reste de sa cavalerie. Aux avant-postes , dans leurs rencontres avec les nôtres, les officiers russes, soit fatigue, vanité, ou franchise militaire poussée jusqu'à l'indiscrétion , se sont récriés sur les malheurs qui nous menacent. Ils nous montrent « ces chevaux d'un as- « pect encore sauvage, à peine domptés, et dont la <^ longue crinière balayait la poussière de la plaine. « Cela ne nous disait-il pas qu'une nombreuse cava- « lerie leur arrivait de toutes paris , quand la nôtre

Page 1