‹ Histoire et mémoires (volume 3)Chapitre 50 sur 232 · HIST. ET MÉM. — T. V · texte numérisé non relu

HIST. ET MÉM. — T. V

« se perdait? Le bruit continuel de décharge d'armes a à feu , dans Tinlérieur de leur ligne , ne nous ance nonçait-il pas qu'une multitude de recrues s'y exer- « çaient à la faveur de l'armistice ? »

Et réellement 9 malgré les longs trajets qu'elles eurent à faire, toutes rejoignirent. On n'eut point besoin, comme dans les autres années, d'attendre, pour les appeler, que les grandes neiges, obstruant tous les chemins , hors la grande route , eussent rendu leur désertion impossible. Aucun ne manquait à l'appel national : la Russie entière se levait } les mères avaient , dit-on , pleuré de joie en apprenant que leurs fils étaient devenus miliciens : elles couraient leur annoncer cette glorieuse nouvelle , et les ramenaient elles-mêmes, pour les voir marqués du signe des Croisés y et les entendre crier : Dieu le veut! Ces Russes ajoutèrent : « Qu'ils s'étonnaient surtout de notre sécurité à Tapproche de leur puissant hiver : c'était leur allié naturel et le plus terrible ; ils l'attendaient de moment en moment ; ils nous plaignaient, ils nous pressaient de fuir. Dans quinze jours, s'écriaient-ils, vos ongles tomberont, vos armes s'échapperont de vos mains engourdies et à demi mortes ! »

On remarqua aussi les paroles de quelques chefs cosaques. Ceux-là demandaient aux nôtres « s'ils n*a- « vaient point chez eux assez de blé , assez d'air, assez « de tombeaux , enfin assez de place pour vivre et

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