CHAPITRE V
Dans cette même nuit, une même anxiété avait agité le camp des Russes. Pendant le combat de Malolaroslavetz, on avait vu Kutusof ne s'approcheir du champ de bataille qu'en tâtonnant, s'arrêtant à chaque pas , sondant le terrain , comme s'il eût c;raint de le voir manquer sous lui , et se faisant arracher successivement les différents corps qu'il envoyait au secours de Doctorof. Il n'osa venir lui-même se placer en travers du chemin de Napoléon qu'à l'heure où les batailles générales ne sont plus à craindre •
Alors Wilson, tout échauffé du combat, était accouru vers lui; Wilson, cet Anglais actif, remuant^ celui qu'on vit en Egypte , en Espîigne , et partout l'ennemi des Français et de Napoléon. Il représentait dans l'armée russe les Alliés; c'était, au milieu de la puissance de Kutusof, un homme indépendant, un ' observateur, un juge même, motifs infaillibles d'aversion ; sa présence était odieuse au vieillard russe, et, la haine ne manquant jamais d'engendrer la haine, tous deux se détestaient. ~ ?
Wilson lui reproche son inconcevable lenteur :