‹ Histoire et mémoires (volume 3)Chapitre 74 sur 232 · IST. ET MÉM. — T. V · texte numérisé non relu

IST. ET MÉM. — T. V

cinq fois, dans une seule journée, elle venait de leur faire manquer la \ictoire, comme à Yinkowo; et il lui rappelle ce combat du i8 octobre. En effet, ce jour-là Murât était perdu si Kutusof eût occupé fortement le front des Français par une vive attaque quand Beningsen tournait leur aile gauche. Mais , soit insouciance ou lenteur, défauts de la vieillesse ; soit y comme le disent plusieurs Russes, que Kutusof fut plus envieux de Beningsen qu*ennemi de Napoléon^ le vieillard avait attaqué trop mollement , trop tard , et s'était arr,êté trop tôt.

\Vilson continue, il Tinterpelle ; il lui demande pour le lendemain une bataille décisive, et, sur son refus, il s'écrie a qu'il veut donc ouvrir un libre passage à « Napoléon! le laisser s'échapper avec sa victoire! « Quel cri d'indignation s'élèvera dans Pétersbourg, (( à Londres , dans toute l'Europe ! N'entend-il pas a déjà les murmures des siens? »

Mais Kutusof, irrité, lui répond « que, oui sans (c doute, il ferait à l'ennemi un pont d'or plutôt que c( de compromettre son armée , et avec elle le sort de « tout TEmpire. Napoléon ne fuit-il pas? Pourquoi '< l'arrêter, le forcer à vaincre? Le temps suffit contre « lui : de tous les alliés des Russes, l'hiver est le plus « sûr : il veut attendre son secours. Poiu* l'armée russe, (c elle est à lui ; elle lui obéira malgré les clameurs de « Wilson; Alexandre, bien informé, l'approuvera. « Que lui importe l'Angleterre? Est-ce donc pour elle

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