CHAPITRE VI
(c sur celles de la cavalerie à pied j et sur toules celles « qu'il trouverait', les komiues qui restaient encore « aux hôpitaux. Les Romains, ajoutait-il, donnaient « des couronnes civiques à ceux qui sauvaient des « citoyens; le Duc de Tréviseen méritera autant qu'il <c sauvera de soldats ! Il faut qu'il les fasse monter sur « ses chevaux , sur ceux de tout son monde. C'est a ainsi que lui, Napoléon , a fait à Saint- Jean-d' Acre. Il « doit d'autant plus prendre celte mesure, qu'à peine « le convoi aura rejoint l'armée , on trouvera à lui « donner les chevaux et les voitures que la consom- « mation aura rendus inutiles. L'Empereur espère (f qu'il aura sa satisfaction à témoigner au Duc de « Trévise pour lui avoir sauvé cinq cents hommes. « Il doit commencer par les officiers , ensuite par les « sous-officiers, et préférer les Français : qu'il as- « semble donc tous les généraux et officiers sous ses « ordreS', pour leur faire sentir l'importance de cette « mesure, et combien ils mériteront de l'Empereur, (c s'ils lui ont sauvé cinq cents hommes ! »
Cependant , à mesure que la Grande Armée était sortie de Moscou, les Cosaques'ayaient pénétré dans ses faubourgs , et Mortier s'était retiré vers le Kremlin, comme un reste de vie se retire vers le cœur, ;i mesure que la mort s'empare des extrémités. Ces Cosaques éclairaient dix mille Russes, que commandait Wintiingerode.
Cet étranger, enflammé de haine contre Napoléon,
exalté du désir de reprendre Moscou et de se naturaliser en Russie par cet exploit signalé y s'emporta loin des siens : il traverse en courant la colonie géorgienne, se précipite vers la ville chinoise et le Kremlin , rencontre des avant-postes , les méprise , tombe dans une embuscade ; et , se voyant pris dans cette ville qu'il venait prendre , il change soudain de rôle , agite en Tair son mouchoir , et se déclare parlementaire.
On le conduisit au Duc de Trévise. Là il se réclama audacieusement du droit des gens qu'on violait, disait-il, en sa personne. Mortier lui répondit <c qu^un général en chef qui se présentait ainsi pouce vait être pris pour un soldat téméraire , mais ja- « mais pour un parlementaire, et qu'il eût à rendre a sur-le-champ son épée ! » Alors , n'espérant plus en imposer, le général russe se résigna, et convint de son imprudence.
Enfin, après quatre jours de résistance, les Français abandonnent pour jamais cette ville fatale. Ils emportent avec eux quatre cents blessés ; mais, en se retirant, ils déposent , dans un lieu sûr et secret , un artifice habilement préparé qu'un feu lent dévorait déjà ; ses progrès étaient calculés : on savait l'heure à laquelle son feu devait atteindre l'immense amas de poudre renfermé dans les fondations de ces Palais condamnés.
Mortier se hâte de fuir, mais en même temps qu'il