CHAPITRE IX
partager un danger qu'il prévoyait/ Les généraux de Davout disent au contraire que le Prince Eugène , déjà campé , ne put se décider à ordonner à ses soldats d'abandonner leurs feux et leurs repas déjà commencés , dont les apprêts étaient toujours si pénibles.
Quoi qu'il en soit , pendant le calme trompeur de cette nuit , Favant-garde russe arrivait de Malo-Iaroslavetz , où notre retraite avait fait cesser la sienne ; elle côtoyait les deux corps français et celui de Poniatowski, dépassait leurs bivouacs , et disposait ses colonnes d'attaque contre le flanc gauche de la route , dans l'intervalle de deux lieues qu'avaient laissé Davout et Eugène entre eux etViazma. '^
Miloradowitch y celui qu'on appelait le Murât russe, commandait cette avant-garde. C'était, selon ses compatriotes y un guerrier infatigable , avantageux j impétueux comme ce Roi-soldat, d'une stature aussi remarquable , et , comme lui , favorisé de la Fortune. Jamais on ne le vit blessé, quoiqu'une foule d'ofïiciers et de soldats eussent été tués autour de lui, et plusieurs chevaux sous lui. Il méprisait les principes de la guerre ; il mettait même de l'art à ne pas suivre les règles de cet art , prétendant surprendre lennemi par des coups inattendus , car il est prompt à se décider ; il dédaigné de rien préparer, attCQdant conseil des lieux et des circonstances , et ne se conduisant que par inspirations subites; du reste , général sur le champ de bataille seulement , sans prévoyance
HIST. ET MéM. — T. T. U
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d'administration d'aucun genre , ou privée ou publique , dissipateur cilé , et , ce qui est rare , probe et prodigue.
C'était ce général , avec Platof et vingt mille hommes, qu'on allait avoir à combattre.