‹ Histoire et mémoires (volume 4)Chapitre 102 sur 257 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Je pus en juger cette fois, mieux que personne, quand, le 29 août i8o3, trois semaines après ce voyage de quarante-neuf jours, je jreçus à Saint- Qoud, du Premier Consul, l'ordre de le recommencer presque pas à pas , de voir par mes yeux tout ce qu'il avait vu , de m'assurer de l'exécution de tous les travaux qu'il avait ordonnés, et de lui en envoyer, de chaque lieu , le degré d'avancement dans le plus minutieux détail. Je ne connaissais de ces travaux ni la nature , ni le nombre , ni l'emplacement. Cet ordre de quelques lignes n'en contenait aucune indication ; c'était à moi de m'informer sur les lieux. Quant à la manière de m'y prendre, nulle direction ne m'était donnée, si ce n'est quelques questions posées sur quelques localités, et que j'aurais à rendre compte du 24™* de construction de chaque bâtiment de guerre.

On reconnaîtra facilement, dans les derniers mots de cette instruction, la dictée de Bonaparte; elle se terminait ainsi : « Cet officier ne doit rien dire par ouï- « dire. Il doit tout voir par ses yeux; ne dire que ce '< qu'il a vu; et, lorsqu'il sera obligé de dire quelque « chose qu'il n'a point vue, dire qu'il n'a pas vu. »

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