‹ Histoire et mémoires (volume 4)Chapitre 111 sur 257 · CHAPITRE IV. 23T · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. 23T

on n'avait fait ni Tun ni Tautre. L'expérience d'aujourd'hui manquait alors , et l'habitude de vaincre avait entraîné. Toutes les objections de Vincent , la difficulté des lieux, l'influence mortelle du climat, la prospérité de l'île , l'existence heureuse , encore à ménager, de plusieurs milliers de colons de race blanche sous la vigoureuse administration de Toussaint, rien enfin n'avait arrêté ! Rigaud avait été découragé et rappelé. Napoléon, excité par les colons Téfugiés , espérait ressaisir dans cette île un commerce et quatre à cinq cent millions , et fonder, avec la Louisiane, un riche et puissant . ensemble colonial; d'autre part, encouragé par la paix maritime , poussé par la nécessité d'employer et d'éloigner un certain nombre d'officiers mécoi^tents, et irrité de cette pa- Tpdie que faisait Toussaint de son Consulat, il s'était décidé à tester la voie des armes.

L'ennemi paraissait barbare, on le méprisa; on crut pouvoir subjuguer Saint-Domingue, comme on soumit alors la Guadeloupe , quelle qu'en fût la diffé- Tence. Toutefois on promit de conserver à Toussaint le second rang ; à ses officiers , leurs biens et leurs grades; à la popylation • noire ouvrière^ son affi'anchissement. On renvoya même à Toussaint ses deux enfants; mais toutes ces précautions furent inutiles.

Cinquante jours suffîreftit d'abord, il est vrai, à la conquête des lieux , et même pour obtenir des hommes, p^ des promesses insidieuses de liberté, une soumission apparente et passagère. Mais six autres semaines d'occupation étaient à peine écotijées ,. que , le climat ayant sévi, \e^ trahisons et les révoltes commencèrent.

ÏLa nouvelle du TétaWifiseïnent do l'esclavage à deloiipe atîcrutî le mal, que bientôt portèrent., comble* les^ excîlalkms et les secours de TAnglIe^ *•

L'expédition était apparue devant Sain^Don le 3 f/vrier' rSo's; vingt-^ux mois après, sâ^, qnffnte mille Eurepéens , successivement dél^^ ^ cinq miDe combattants avaient péri par le fier, ai4^^ rante mille par les maladies ! Cinq- à six mille «^^n. T survivaient, avec quelques colons échappés i^^^j freux massacres! Le 3o novembre i8o3, ccjj^ bloqué dans la ville du Gap , par mer et par teact^i ^ forcé de capituler, d'abandonner la colonie a^ .^ grès vainqueurs , et de s'abandonner soi-mén^, flotte anfflaise !

Cet effroyable désastre , mais lointain , mr '"'^^^ *f ^ cessif, mais dissimulé autant qu'il fut possible Iribué aux Anglais plus qu'il* n'était juste, n' point en France Faulorité du Premier Gon *' qu'on lui reprocha le plus, ce fut premièrem ^* avoir sacrifié la partie de notre armée qui s ^fli pouvoir lui être hostile; reproche dont la noi ^ i^ligré k

ture seule des généraux de l'expédition sufl démontrer l'exagération . Le- second reproch^^dîiijj^ ^ sur la captivité de Toussaint , bien méritée pai%^i^ cwiWa barié et ses trahisons , et sur sa mort qui j ^^ ^ fut naturelle. ^I^^i

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