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Mais ce que chacun de nous , témoins pl|is intimes de la vie privée de Bonaparte, doit à sa mémoire, sans contesteï^ son ambition, qui dès lors tendait évidemment au pouvoir suprême , c'est d attester la grandeui* de sa pensée tournée tout entière et sans/cesse au biep public; sa bienfaisance pour les infortunes privées; sa douceur, son économie, sa simplicité dans ses habitudes intérieures; la constance de son attachement pour ceux qui Tentouraient ; enfin le calme de son esprit au milieu de mille trahisons et des dangers secrets dont ses pas étaient environnés. Car alors chaque instant lui révélait une perfidie nouvelle et lui décelait un nouveau piège dressé contre sa vie. Plus il dévouait son génie au bonheur de la France et plus elle s'en montrait reconnaissante , plus Tachamement de ses ennemis redoublait d'inventions atroces !
A cette époque , c'était à Saint-Cloud et pendant l'automne de i8o3, je me trouvais chargé presque exclusivement de la garde de sa personne. Parmi les officiers qui me secondaient, ceux de la gendarmerie d'élite me confiaient fi*équemment les motifs de leurs inquiétudes. Tantôt c'était le projet éventé d'une embuscade sur la route de Malmaison , d'où l'on devait s'élancer sur la voiture du Premier Consul ; tantôt celui d'une mine creusée sous une partie du chemin de Saint-Cloud et sur son passage , dans un lieu choisi où un embarras l'arrêterait. Une autre fois, et sur un bloc de marbre placé près de la porte-croisée du cabinet de Napoléon , celle qui ouvrait sur la terrasse