‹ Histoire et mémoires (volume 4)Chapitre 141 sur 257 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

De Troyes à Lyon et au delà, sans cesse au milieu ^e ces populations, il vit, il apprécia leurs besoins, entendit leurs désirs et les satisfit. Toutes les villes sur son passage, Lyon surtout qu'il préférait, obtinrent Jes unes des quais, d'autres des halles, des entrepôts, une école de dessin , des primes d'encouragements et des règlements de commerce. Le cours des fleuves et des rivières dut être amélioré et rendu navigable le plus près possible de leur source. Tant desoins étaient entremêlés de réceptions publiques , de revues militaires et de fêtes qu'il acceptait; enfin, quelque part qu'il fût , comme toutes les affaires de l'Empire aboutissaient à lui, dès qu'il arrivait, il y recevait de Paris, examinait et réexpédiait le travail de ses ministres. Ainsi tout marchait à la fois, se réglait et s'améliorait.

On vit alors les libérés soumis à la surveillance de la police ; dans les maisons de détention le travail institué; dans la Vendée et la Bretagne renaissantes, plusieurs villes, dont une de son nom , s'accroître et s'embellir de faveurs nouvelles. Le style grégorien reniplaça le calendrier de la République , calendrier impie , contraire aux traditions , à toute l'histoire , aux habitudes de repos consacrées par la Religion et conformes aux bornes naturelles des forces humaines ; si îiTiparfait d^ailleurs quant aux sextiles , quant au point de départ de l'année, quant aux dénominations inîxpplicables à d'autres latitudes, enfin si gratuitement

incommode et insupportable par sa nouveauté , isolement, et par le perpétuel travail qu'il impos pour le faire concorder avec le calendrier reçu da la chrétienté entière.

En même temps , les douanes furent rendues ^ de plus en ^plus hostiles à TAngleterre; la Légion d'Ho-^conncur fut dotée ; les entreprises de messageries fure^ nt taxées au profit des postes ; le budget de chaque coht -mmune et ceux de chaque établissement d'utilité p -^kdublique furent surveillés aussi exactement que c ::^elui de rÉtat entier. Un décret déclara la mère «• de l'Empereur protectrice de tous les établissements r de charité. En rappelant ce temps heureux et glorie -^ux les républicains d'alors admirent encore aujourd'l^r — lui « cette infatigable ardeur de Napoléon, et sa cor-^^as- « tante sollicitude pour la grandeur et la prospéri— ^ité a de la France! » Tel est l'aveu qu'ils ont consac dans leurs écrits souvent hostiles. Qu'on ne s'étor donc plus, malgré ses emportements d'ambition et guerre, et leurs fatals résultats, de l'amour c{iie peuples gardent à sa mémoire.

En Savoie et dans le Piémont, réunis à la France ^ depuis le II septembre 1802, il continua. A Stupini^Stz, en prenant congé du Pape , il en obtint le renvoi àe l'archevêque de Turin, protecteur du brigandage i^sies Barbets , dont une sévérité sanglante venait enfin de purger les Alpes. Dans ces six départements gcn^uvernés de nom par le Prince Louis Bonaparte , ^^ de fait par le général Menou malgré son aposta^'^ scandaleuse, finances , justice , commerce et industi^^^» instruction publique, il régla tout. De là, arrivant- ^

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