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CHAPITRE VII

le renouveler, les rats en ayant dévore le quart et gâté le reste.

Le corps d'armée, embarqué depuis trois semaines, comptait un vingtième de malades. On jugeait que, sans trop d'inconvénients, il pouvait rester embarqué ainsi trois autres semaines.

Les armes étaient placées dans l'entre-pont au*dessus dés hamacs, siu* des traverses. Les roues des canons et des caissons étaient attachées, en dehors des bâtiments, à l'avant et à l'arrière. Les canons et les boulets servaient de lest à fond de cale. Sur les boulets, recouverts de sable, on avait placé les chevaux : des poteaux les séparaient , des ventilateurs les aéraient, mais insuffisamment , en sorte que leurs jambes enflaient^ et que plusieurs perdaient la vue par une chaleur étouflTante et vaporeuse. Quand le roulis augmentait, il fallait, sans les suspendre, les soutenir au moyen de deux larges sangles, l'une en arrière audessus des jarrets , l'autre en avant sous le poitrail. On se vantait d'avoir ainsi pu embarquer, sans accident, cent chevaux par heure.

' Chaque bâtiment portait une partie proportionnelle de chacune des trois armes, afin qu'une perte partielle ne pût affaiblir l'une plus que l'autre.

Une seule passe, large de quatre-vingts pieds, et profonde de vingt-quatre, siur une longueur de cent toises, existait pour lesi vaisseaux de guerre ; trois batteries la défendaient : l'une en dehors, et deux au dedans. Ou; craignait que les transports, la plupart mauvais marcheurs, ne le fiassent devenus plus encore par les herbes dont leur séjour dans le texel les aurait

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appesantis. Une chaloupe de dëbarquétnenl, de la con^ lenance de cinquante lioinmes et de quatre chevaux, était attachée à chaque transport. Marmônt, au signal du départ, devait entraîner après lui toutes les.enibarcations semblables qu'il trouverait , à sa portée, dans les canaux de la Nord-Hollande. Les ancres levées, il croyait pouvoir sortir de la rade en cinq à six heures. Ce général, arrivé sur la c6le anglaise, comptait en trois heures débarquer ses hommeâ, et le reste en ^ingt-quatre heures.

Nos soldats hollandais , que leur gouvernement, qui n'attachait d'importance qu'à sa marine, négligeait depuis longtemps, étaient fiers de nous être assimilés. Bien nourris, bien vêtus et considérés , ils étaient contents et aussi ardents que le permettait leur caractère. Nos Français , malgré leur embarquement , étaient gais encore en dépit de leur impatience naturelle. "

Cette impatience était si vive et si universelle, que, un dernier jour, à bord' de Tamiral, où nous dinîons avec Marmont etses généraux, on signala tout à coup en mer quatre mille vdiles! Il n*y eut qu'un cri : « C'est la flottille! » et, danè un premier élan de joie, déjà l'on buvait à là descente et l'on s'apprêtait à appareiller; déjà même Marmont et i^ébastiàni me plaisantaient sur ce que, au lieu d'arriver en Angleterre avec l'Empereur, j'allais y descendre avec eux et avec mon épée pour tout bagage ; mais , presqu'aussitôt , un second signal n'annonça plus que quatre cents voiles; puis un autre, quarante ; et un dernier, quatre seulement! Jamais je ne vis de désappointement semblable. La vigie , aveuglée par l'espoir

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