CHAPITRE VII
d\\n départ si désiré^ avait pris le signal de quatre misérables voiles de pêcheurs pour celui des innombrables bâtiments de la flottille.
Marraont, noble et généreux , mais trop fier de ce premier commandement en chef , y déployait son orteil extrême : il prodiguait tout à son rang, s'efforçait d'imiter Napoléon, et se croyait pareillement invincible ! Dans Sébastiani , dont l'âme était assez haute aussiy mais plus simple , on reconnaissait plus l'homme d'État. 11 me mit au fait , en quelques entretiens, de la situation morale, politique et financière de la Hollande, que, au milieu des camps, il avait soigneusement étudiée.
En passant à Anvers j'allai revoir les travaux dont j'avais été chargé d'inspecter les commencements : le bassin de comn;ierce était creusé de six pieds , sur les deux tiers de sa surface ; dans le port de guerre , sur dix cales de vaisseaux de ligne, huit étaient au tiers de leur construction. Au reste ce rapport, que î'abrége ici de plus de moitié, quand je le remis à l'Enapereur, attira pe^i son attention; elle avait changé d'objet : Villeneuve venait de commettre son inconcevable faute , et déjà la pensée de Napoléon , s'arrachant à l'Océan, se reportait tout entière sur le Danube!