‹ Histoire et mémoires (volume 4)Chapitre 161 sur 257 · FIN DU DIX-SEPTIÈME LIVRE · texte numérisé non relu

FIN DU DIX-SEPTIÈME LIVRE

Son sacrifice était fait, sa résolution prise! Aussitôt toute la Grande Armée , bordant l'Océan face à l'Angleterre, fit volte-face, se rompit en cent colonnes, et courut au Rhin : Marmont sur Mayence ; Davoust, Ney , Soult , sur Manheim , Durlach et Spire ; Lannes , Murât et Bessières sur Strasbourg, rendez-vous où, dans TÎngt-quatre jours. Napoléon devait les retrouver. C'était là que, cette armée ainsi retournée et intervertie, un nouveau corps allait l'augmenter, celui de Bernadette, appelé du Hanovre à Wurtzbourg. Marmont reçut Tordre secret d'aller l'y joindre par Mayence ; mais, comme ce mouvement en avant, d'une aile gauche de plus de quarante mille hommes, pouvait déceler le plan d'attaque , Bernadotte dut annoncer partout , en marchant , qu'au contraire c'était lui qui allait rejoindre Marmont dans Mayence, repasser le Rhin, et rentrer en France.

Ce retournement subit fut si entier et si rapide ; espoir, apprêts immenses contre l'Angleterre , tout fut si promptement abandonné, que, lorsque Napoléon «tait trahi par le sort , on les crut d'accord : tant il

parut vouloir ce qu'il ne pouvait empêcher ; sachant^z^ tirer d'un si grand désappointement le meilleur parti ^S possible , et déconcertant la Fortune ennemie par sa • bonne grâce à raccueillir.

Cependant, revenu à Saint-Cloud le 3 septembre, .^ il y resta jusqu'au 24. Ces trois semaines sont combles «^5 de travaux diplomatiques, d'instructions, multipliées ^as dans mille suppositions, à ses amiraux, à ses généraux, .^ depuis Otrante jusqu'à Flessingue, et de soins [;nrrri,rrr - — pour lés remontes, pour les charrois, afin d'assurer, „^-^ au delà du Rhin, ses approvisionnements de guerre^^3 et de bouche.

Quant à l'extérieur, en Italie, et pour commencer-^:^ par la droite de nos armées, la présence des' Rasse^^xs

à Corfou , et des Anglais à Malte , inquiétait Napo

léon ; c'est pourquoi le Pape refusait d'armer sa neu --

tralité : on saisit Ancône !

Naples, par les mêmes motifs, fut menacée d'êlr^^^e occupée militairement, révolutionnaîrement méme;^ =5 mais elle se déclara neutre. On se contenta de cett^^ -i« déclaration du 21 septembre : elle rendait SaiBt-€yr er -^3Bt quinze mille hommes libres de remonter de Tarent^ Jte sur l'Adige , pour y renforcer Masséna , qui n'avait qu^^^ quarante mille hommes contre cent mille Autrichien»^^^ de l'Archiduc Charles.

En Allemagne, il était convenu que l'Helvélie res— -^spectée resterait neutre.

La Bavière était aux avant-postes. Un mariage entr^""*^ elle et Bade venait d'être décidé. Des son retour dm^J^ Milan, Napoléon l'avait fait rompre amiablement. « (c vous refusez cette mission , dit-il à M. de Tbiai

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