CHAPITRE
daient dans cette ville. Ce furent, d'un côté, les transports de reconnaissance que TÉlecteur de Bavière accourut lui témoigner; ceux de Tadmiration de la France que les députes du Sénat vinrent lui exprimer. D'autre part ce fut l'impatiente attente des nouvelles du Tyrol, qu'il he pouvait laisser plus loin derrière lui, sur le flanc droit de sa ligne d'opérations, sans en avoir appris la conquête ; puis, en avant de lui, l'espoir d'un combat décisif sur l'Enns, bientôt déçu , mais aussitôt remplacé par celui d'une bataille à Saint-Pœlten ; puis l'offre insidieuse d'un armistice qu'apportèrent Giulaï et Lichtenstein ; enfin l'arrivée de Duroc, ne lui rapportant de Berlin qu'une espérance : celle que Frédéric , pour se décider, soit à rester neutre soit à se joindre à nos ennemis, attendrait le sort des armes.
Quant au Tyrol , à notre flanc droit et à nos derrières , l'Empereur fut bientôt rassuré par la nouvelle des victoires de Lowel et de Scharnitz, et par la capitulation vers Feldkirch, devant Augereau, des six mille hommes de Jellachich, échappés d'Ulm. A Lowel, des retranchements , liés à des rocs inabordables , avaient été enlevés par Déroy et sa division bava'roise. A Scharnitz , huit mille soldats de Ney avaient vaincu la saison, les lieux les plus âpres, et dix-huit mille hommes. Pendant que Ney avait attaqué de front , d'autres, sous Roguet, gravissant des pics chargés de neige et de glaciers, crus impraticables par les Tyroliens euxmêmes, étaient apparus miraculeusement au-dessus du fort et de ces montagnards*, confondus de tant d*audace! Scharnitz, ainsi tourné et pris à la gorge.
♦22 LIVRE DIX-NEUVlÊME.
s'était rendu. Ce double élan avait décidé du sort dé ^out le reste de cette énornje masse de montagnes.
Restait encore à garantir le flanc gauche de notre ligne d'opérations, menacé par Tarmée prussienne Oiise sur le pied de guerre. Ici, quélqu insuffisantes qu'elle^ fussent, toutçs les précautions possibles furent prises. Augereau et ses quatorze mille hommes durent être rappelés de Feldkirch, en tVanconie, sur la rivé gauche du Danube. Mprtier fut détaché, sur cette même rive ,.avec quatre divisions. Elles reçurent l'ordi^e, en marchant à notre hauteur, et de conserve avec notre flottille renforcée, de faire observer, à leur gauche,^ tout mouvement possible de Tennemi dans la Bbhêûae.
En même temps une^rmée du Nord fut créée p»ar un:
ordre retentissant, daté de lintz. Français, Bataves^.^ douze mille Espagnols sous La Romana, et toutes nosg^ forces sur jle Rhin, y furent appelés avec d'autant pfiis^ d'ostei^tation, que, leur réunion à temps, sur TEsèauti:::^ et sur le bas Rhin, était impossible. C'était un fantôme^ mais évoqué par une voix faite aux prodiges L Ce fut surtout à ce simulacre d'armée que Napoléon-^ confia le soin de contenir la Prusse, et de prevéTiir les^^ Anglo-Sqédois, qui de ce côté menaçaient d'une des^ — cente. fl usait ainsi de la force morale de sa renom^ — mée ; il en doublait sa forcé matérielle, sans en abùsérr^ encore.
Pour l'armistice que l'Empereur d'Autriche , éppu- — vanté de notre approche , et déjà rebuté ^^s exigence^ et de larrogànce russes, envoyait lui demander, il répondit que la paix était possible a des conditions qu'il allait dicter, ce qu'il fit dans une lettre; mais ijue