‹ Histoire et mémoires (volume 4)Chapitre 195 sur 257 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

pour une suspension d'armes il n'en comprenait que l'inopportunité , puisqu'il n'apercevait plus , nulle part 4çvant lui, d'armée autrichienne avec laquelle lui, en tête de deux cent mille hommes , eût besoin de conclura cet armistice. ,

Ce fut là, du moinç, ce que, autour de Napoléon , nous apprîmes de cette conférence. Pendant qu'elle avait lii^u,^ l'aide de camp de GiulajL se plaignait à nous, avec une amertume çxtréme, des excès des Russes. En mçme temps M. de Thiard,^ l'un d'pntre nous, aysgit été attiré dans un entrelien secret par le Prince de ^.içhtenstein. Là, spit que cp personnage en eût mi^ion, spit que, de luiTménie, il fût enclin à l'usage de .sa (jOur de venir, par des mariages, en aide à ses arnotes, sesinsinua^ons furent telles, que, en le quittant, Tlîiar4 çri^t devoir ajossitôt se faire anijonçer à l'ÈmjpereTjr ; « ,Lichtenstein venait , lui dit-il , de l'inter- « pellçr sur le bruit répandu, qu'une Princesse de « Bavière éta^t demandée pour le, prince Eugène; -ïc $i|jp ^a réponse le Prince autrichien avait ajouté : <( l^ourquoi vous arrêteriez- vous, sur ce chemin? «; yienjie n'^-t-elle dpnc pas aussi des Princesses «5 prêter? JEt la paix ne pourrait-elle pas être scellée a par un autrç mariage ? ?> A ces mots, et de premier mouvement: « Une Princesse autrichienne! s'écria « Napoléon; Oh! non, jamab! la France en serait ré- (c yoUée,! ceU lui rappellei?ait Marie- Antoine ttç! » Alors, surpris d'une communication aussi importante «t ainsii faite,, il demanda à Thiard d pu venait cet -^pa^cl^pj^entde^ Lich^en et pourquoi celui-ci

l'^vaU çhojbii pour une t^lle confidence.

Thiard était d'un esprit vif et entreprenant, peutêtre même trop indépendant de l'opinion publique. Il avait de ce sang aristocratique que ne troublent ni la présence, ni les intejrpellalions des hommes les plus imposants. Rien ne le gênait, soit caractère, soit assurance que donne une grande fortune, étant d'ailleurs d'instinct fier, se sentant de cette souche d'où sortaient encore alors les grands de tous pays, auxquels les affaires d'État sont familières, et qu'il était accoutumé à traiter comme ses pareils.

Il connaissait bien et l'Autriche et les Allemands dans les rangs desquels il avait servi; il parlait leur' langue et se savait utile à Napoléon. Il répondit donc sans embarras, sans ménagements même : « Que, ayant « été du corps de Condé , il avait souvent combattu « sous lès yeux de Lichtenstein , et que , parlant les a deux langues, maintes fois il avait servi d'iritérmé- « diaire entre les Autrichiens et le Duc d'Enghien ! »

A ce nom, que peu d'autres eussent osé prononcer,quelles que fussent les préoccupations présentes de l'Empereur, l'entretien changea d'objet : il porta tout entier sur ce souvenir. Pendant près d'une heure Napoléon, paraissant avcrir oublié le reste, interrogea Thiard sur le caractère, l'esprit, les talents guerriers de l'infortuné Prince; et ce fut avec un air d'intérêt curieux, calme et naturel, comme s'il n'eut parlé ni de sa victime, ni à celui qui avait servi longtemps d'aide de camp près d'elle, et qui en avait été l'ami. Les réponses de Thiard furent sincères, et l'éloge si complet que Napoléon s'écria : « Mais c'était donc réelle- « ment un homme que ce Prince-là ! » Puis, aveC; le

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