CHAPITRE II
même calme bienveillant, il congédia soii interlocuteur.
Au reste Thîard me dit , ce jour-là même , que c'était la. second^ fois qu'il s'était entretenu avec l'Empereur sur ce triste sujet. Le premier entretien avait eu lieu au moment du meurtre. C'était même Thiard qui avait appris au ft'emier Consul sa méprise sur le notn d« Diimouriez ; et il me dit que, alors comme à Lintz, il avait remarqué que l'attitude, les traits et le son de la voix de Napoléon avaient été également calmes et impassibles !
Étonnés d'une inflexibilité si singulière, surtout en nous rappelant tant de preuves de bonté, de géné^ rosité, de ^nsibilité même, nous nous demandâmes si cett^ impassibilité s'appuyait sur une erreur de conscience ou sur un calcul de politique. Était-ce l'effet d'un retour aux mœurs de son île natale ? Croyaitil avoir eu le droit de se yenger d'un crime par un autre crime? Ou plutôt, sous ce calme apparent, persévérait-il dans son but, celui de prévenir d'autres complots, considérant le cruel acte de Vincennes comme une juste punition des attentats précédents, et conMne une utile menace contre des attentats à venir?
Ici je retrouve dans mes notes qu'un autre soin de Napoléon, pendant son séjour à Lintz, celui de rétablir l'ordre dans son ûrmée, l'occupa sérieusement. Il était trop vrai que la rapidité des marches et des coiitre-marchès de la campagne d'Ulm, et le défoncement des chemins par les pluies, en retenant chariots et caissons, avaient rendu les distributions régulières impossibles. C'est un fait certain que, si nos soldats
♦26 LIVRE DIX^NEUîVlÉME.
n'eussent poiat arrache aux paysansi leurs ■. provisions et leurs bestiaux pour s'en nourrir^ que, s'il leur eût fallu attendre leurs vivres de» nos chariots qui traînaient au loin derrière leurs eolonnes^yle pfiAJcripall>ut de l'aitreprise eut été manqué. La nécessité exDusaî alors ; mais ce inal^ commencé en Fraticonie, chî&^ les Prussiens mêmes et en Souabe, avait continué' en- Ba^ -^-
vière; il se renouvelait sur Tlnn^ et cette maraud^ dé
truisait la discipline. .^ ; . < r ,.'..? .. t
Vers Lembach FEmpereur fait s'en aperoevoiF, il^H y avait rejoint le corps du maréchal Soult. La, de vaut=:^
les rangs, etsà haute voix, il l'avait.interpellé sur la ré
gularité des distributions; et, soit c^e le maréchal crùt=i=:3; cette demande Ëtite^pour la forra^e seulement, ou que^^
pour satisfaire il voulût paraître satisfait, jactance par
fois utile devant: les troupes, et, d'âilleur& toujour^^ agréable au chef, il avait répliqué qi^e rien 41e manquait à ses soldats ; mais sur-le-chdmp, et: fort rude
ment, vingt voix s*étaiént élevées des rangs, pour le^^ contredire. ^ . . ? ^
Le lendemain cet avertissement se reprpdui^s^t,.' et:=:^ d'une façon plus rude encore. Napoléon sortait àtcheval de son; quartier, lorsqu'ilrencontra Alacon, dcmt^ la vue lui plaisait depuis Marengo , et' qu'il avait, at^ taché à sa persQune. Ce général commandait le quartier Impérial. Toul échauffé encore d'une scène de^ piUage qu'il n'avait pu empêcher, il venait cfe donner sa propre bourbe au malheureux paysan yictime de c;^ désordre. Maçon était un :apciçA<SQl4a1^i4e l^rptiée d'Italie. Son. entrée à U Couif i^'ayaH ppitit, altéré sa franchise républi^ine^ « Ehf J^ien l ' iMacojo^ 9.; s'écria