‹ Histoire et mémoires (volume 4)Chapitre 207 sur 257 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

Enfin, le jour du' 2 décembre commençai ^i poindre, il nous fit appeler dans sa barraque. On nous y servit un court repas qu'avec nous il prit debout; après quoi, ceignant son épée : n Maintenant, Messiem, « nousdit-il,aIlonscommencerunegrandejourti>ée! »> Chacun alors courut à ses chevaux. Un instant î«prés>

CUAPITaC VII. 4M

mus vimes, sor le soiniEiet de ce tertre tpae nos soldslt» aj^eiaient Bu^êe de rMmpereur, aioconrir* de» divers points de notre ligne, suivis chacan d'un aide de camp, tous les chefs de nos corps d'armëe. .

Mapoléoii avail: voulu qu'ils vinssent ainsi^ tous à la fois, recevoirises derniers ordres. Ce furent : letnaréchai Prinœ Murai , le maréchal Lannes , le maré<diat fiernadotte, le maréchal Soult, et le maréchal Davout. Dans cet instant solennel ces marédiaux formèrent, a utotor de TEmpereur, le plus formidable ensemble qiiterimagination puisse concevoir! Spectacle merveilleux! Dafns ce cercle redoutable, que de gloires réuniesl Que de cliefs de guerre, justement et diversement célèbres, entourant le plus grand homme de guerre des temps antiques et modernes! Il me sen&le les voir encore recevoir successivement son inspiration, et a^issilôt, oosnme s'ils eussent emporté la foudre, s'élancer de toutes parts pour en aller briser les forces réunies de deux Empires!' Ma vie aurait la durée de celle du monde, que jamais l'impression d'un tel spectacle ne s'edàcerait de ma mémoire. Ainsi commença l'une des plus célèbres journées de notre histoire!... Que les temps ont rapidement changé!, Mon Dieu! que, alors, tosut était grand, les hommes forts, les temps ^orieux, et que nos destinées semblaient imposantes !

Les' premières paroles de l'Empereur à ses maréchaux leur avaient expliqué son plan de bataille. Certain, par les rapports de la nuit, que, dans la seule pensée de ne point le laisser s'échapper, l'ennemi adievait à notM portée son mouvement de flanc, et qu'il^se jetait en masse sur notre droite , il s'était écrié

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'dtè hôii veau : « Oiii, c'e^t tin mômVemetit hdnlèuijL ! lis <c iriie croient donc Bien jeune; ils s'en Vépenti- «'jhôhi! » Et aussitôt il avait renouvelë à chacun ses

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ïiavout, dont la tête de colonne faarasbéè icbmniiériçâîr seitlement à paraîti*é, avait rinstructibh d'arrétéi' en tête, à notre extrême droite et au fond du défile bordé j)ar les lacs, îènnemi qui, depuis là veille, s'y engageait follement de plus en plus. •

Soûlt, j)ôur sa division de droite, reçut le même ordre ; et, pour ses deux autres divisions déjà ployces eiï colonnes d'attaque par delà lé ruïsseaii-, aux débôubhés des deux villages de nôtre ôentre ^ iinstruction d'être prêt à s'élancer sur le plateau central de k bataille.

Bernadotte, arrivant obliquement de notre gauche, dut assaillir à la fois, de ce côté , ce même plateau.

Cet effort simultané, de quatre divisions, sur le centre des Austro-Russes dégarni par leur mouvement en avant et à leur gauche, l'Empereur lui-même ^ avec sa double réserve des grenadiers réunis et de sa Garde, le soutiendra !

En même temps, à notre aile gauche , Murât et sa cavalerie chargeront par les intervalles de l'infanterie de Lannes; puis, en se retirant derrière elle, ils attireront, et feront expirer sous les feux de nos bataillons, les élans deJa cavalerie ennemie , qui dé ce côté semble puissante.

L'Empereur termina par ces mots : « ïï faut que, ce dans une demi-heure, la ligne entière soit tout en « feu !»

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