CHAPITRE V
d'abord que celle malière informe, puis la malière grossièrement animée, puis avec sa double nalure l'homme, dont la haute destinée s'explique par ses efforts, par les victoires successives de son être moral sur son être matérieh Voyez, plus l'un, en lui, l'a successivement emporté sur l'autre, comme il a grandi ! Combien sa puissance s'est étendue en dehors de lui, à mesure qu'il est devenu plus maître de lui! Qu'y at-il de comparable entre les sociétés antiques et la société naoderne? Que de progrès en soi et autour de soi! Qu'importe donc le triste spectacle de ces ruines des siècles passés, si ces siècles n'ont point été stériles; si, tout brisés et renversés qu'ils sont, échelons de notre grandeur présente, ils vivent encore en elle!
Philosophes, hommes d'État, d'arts , de lettres et d'industrie, gens laborieux et moraux de toute espèce, ayons donc courage! Continuons, carFinstînct d'immortalité de l'homme ne le trompe pas ! Ses œuvres n'ont point été , elles ne sont point , elles ne seront pas des œuvres mortes ! Toutes concourent à ce grand jédifice de la Civilisation, où la main de Dieu nous guide ! I-a Fable s'explique : chaque fois le Phénix renaît, plus brillant, de ses propres cendres! Nous n'en ^ pouvons plus douter, le miracle est aujourd'hui palpable aux yeux de tous, et, plus que jamais, ce perfec- •tionnement progressif des hommes et des choses en est la preuve évidente et incontestable!
Mais où me suis-je laissé entraîner? Revenons au récit de la fin de notre voyage, et à la rentrée du Roi Joseph dans sa capitale.