CHAPITRE \ï IL s
« parce qu'il y trouve Son profit, et qui le ferait as- « sassiner demain, s'il y trouvait son avantage! » Le Roi, en terminant, ajouta : « Qu'au reste il n'en voufi lait à personne; que j'avais entendu et vu; que je « pourrais entrer dans plus de détails, ou m'en tenir « à répondre; qu'enfin, selon les dispositions où je « trouverais vson frère, j'apprécierais ce qu'il convien- « drait de dire ou dentaire. »
Il ne me parla pas de la conqu^e de la Sicile, quoique lui et l'Empereur n'y eussent pourtant pas renoncé.
Huit jours après j'étàisà Saint-Cloud dans le cabineit de FEmpereur. « Eh bien, me dit-il, conmient avez- <c vous laissé lé Royaume?*.... Pourquoi avoir sacrifié « tant de monde devant Gaête?..^.. Quoi! deux mille
ce hommes ! Ah oui, des blessures de siège ! Les bles-
cc ses sont hors de service ! Ce pauvre Vallongue !
« C'eiSt une perte! Mais aussi, pourquoi commencer un « siège sans moyens? Ne pouvait-on bloquer, couper « cette langue de terre? Et la Calabre ?..... Pource quoi cette dispersion? Est-ce ainsi queje vous ai appris ce la guerre? Vouloir garder tout un pays à la fois! ce Quelle force y suffirait? Avez- vous oublié que j'ai ce conquis l'ItaUe avec vingt-cihq mille hommes? Que ce mon firère ignore la guerre, c'est tout simple, je ne « lui en veux pas; mais il a des hommes à réputation, ce Régnier, Saint-Cyr, MassénaîQue font-ils donc?... ce Quoi! se disperser ainsi! Mais vous auriez cent mille ce hommes, que vous n'auriez pas d'armée! Ils ne ce savent donc plus la guerre : c'est n'y rien enten- << dre ! Que dites- vous ? La configuration du pays ?
a Eh bien , c'est en échelons qu'il fallait s'y placer, « et les replier les uns sur les autres, jusqu'à ce qu'on a fût en masse suffisante , et alors en écraser l'en-
« nemi! Des révoltes! Eh qu'est-ce que des ré-
« voltes de paysans contre des colonnes mobiles et « de la décision? avec quelques exécutions sévères ils « n'y reviennent plusî Ne vous en ai-je pas donné « l'exemple? A-t-on oublié Jaffa? Ne savez-vous pas « que j'ai fait fusiller là, tout à la fois, plus de trois a raille hommes? Cela est affreux! C'est un massacre! « Mais sans cela mon armée était perdue! Il faut sa- « voir se décider à ces choses-là, ou se résigner à être c( massacré soi-même ! Les Napolitains, c'est couune « les Corses, il faut, pour les dompter, une volonté de (c fer et de feu ! Sans quoi mon frère périra, ou sera ce chassé de son Royaume! Et les troupes, s'en fait-il
« aimer? ont-elles confiance en lui? Que fait-il à
« Naples? N'y a-t-il pas une maîtresse? On
« parle de Madame de *** Qu'y fait-il donc? Les
a forts ny sont-ils point armés? Dès lors pour-
(( quoi entasser là tant de monde? C'est dans un camp a qu'il devrait être, et prêt à se porter partout au be-
« soin ! Vous dites qu'il est inquiet de Régnier?
« Va-t-on donc le laisser se perdre ; laisser des Fran- « çais se décourager; trois de mes régiments mettre ce bas les armes ! Ce serait une chose inouïe, honteuse ! « Mais c'est impossible. Allons! vous êtes une armée ce d'alarmistes ! Comment, à la nouvelle de Sainte-Eucc phémie, un Français a-t-il pu rester à Naples? Il
ce fallait voler tous en Calabre! C'est juste, vous
•. étiez devant Gaête. Mais si vous n'aviez que deux