CHAPITRE V
par la Suède, et forcé d'accéder au Iraité russe et anglais du 21 juin , deçtrqcteur de la neutralité armée, il venait d'être contraint à se soumettre. D'aufre part la paix entre l'Angleterre et la France 'était proclamée; et Macdonald, décidé à rompre avec la carrière diplomatique et à* ne point se laisser enterrer dans cet exil , avait envoyé l'ordre à ses équipages, retenus sur l'Elbe, de rentrer en France. Lettres à Napoléon lui-même , envoi de l'un de ses aides de camp au Premier Consul , dépêches multipliées au ministre, plaintes amères sur la perte de sa santé et de sa fortune, il avait en vain tout employé. Le 5 décembre iÇoi, irrité des défaites par lesquelles Talleyrand répondait à ses demandes de rappel , il lui avait écrit une lettre rude et menaçante qui le brouilla bien inutilement, car le ministre, par une dépêche datée de la veille, 4 décembre, venait enfin de '^i envoyer ses lettres de récréance. Il les reçut le ^9 décembre, en profita sur-le-champ; et, quittant ^penhague le 23, il nous ramena dans le premier ^ois de 1802 à Paris, où Duroc nous avait précédés ^^lement de quelques semaines.
CHAPtTRE V.
-^u milieu d'un premier mouvement de triste satis- '^^^lion de ce second retour chez les miens, après ^^^ perte cruelle , six mois d'absence , et un si rude .^^yage dans une aussi mauvaise saison, je m'aperçus
que, entre mon père, Macdonald et le Premier Consul, il y ayait un parti pris de ne plus me regarder comme militaire. Je vis que mes lettres , que mes observations sur le pays d'où je revenais , que surtout les rapports bienveillants de Duroc , mon brevet d'aspirant et le renom de mon père dans la diplomatie , me faisaient considérer comme désormais attaché à c-ette carrière. Elle était contraire à mes goûts, au mouvement des esprits d'alors, aux impressions que venait de 'me donner l'exemple de Macdonald, et à l'attrait que, dès mon enfance, j'avais éprouvé pour l'éclat des armes.
On se souvient d'ailleurs, pejLit-être , de ma préoccupation pour la réhabilitation des Nobles au milieu du Tiers-État ; non plus , il est Vrai , comme aristocrates, mais comme citoyens , et dans une situation et un nombre tek, qu'une seconde proscription devînt impossible. On trouvera , si l'on veut, que c'était rêver plus haut que ma tête ; mais l'obsessioti de cette pensée, quelque disproportionnée qu'elle pût être avec mon âge et ma position , n'en était pas moins vraie en moi , ni moins dominante. Or je jugeai que , pour atteindre ce but , l'épée serait plus décisive que la plume. Je crus que cet exil à l'extérieur, qu'impose la carrière diplomatique , contribuerait moins à terminer cette guerre de classes; et à opérer cette fusion intérieure devenue ma pensée habituelle.
En conséquence , très-décidé entre mes deux brevets d'aspirant et de sous-lieutenant , lorsque Macdonald nous réunit pour se présenter, avec nous , au Premier Consul, je le suppliai de ne me désigner