CHAPITRE V
&ible incident, un souffle enfin décida de tout! Voilà donc à quoi tint le sort du monde ! à un souffle j pas même à une tempête ! II plut au Destin de renverser, de ce souffle, l'œuvre entière de Napoléon, et le plus grand espoir que jamais ait eu la France ! Tant les plus grands honunes , leurs plus vastes conceptions et les Empires les plus puissants sont légers dans les balances* de la Fortune !
Le :2 1 août , au moment même où ce malheureux Villeneuve était plus que jamais attendu et espéré devant Brest et dans la Manche , cet amiral nous tournait le dos : il entrait dans Cadix ; il s*y laissait bloquer par ûx voiles ennemies, rendant inutiles ainsi : lui , sa flotte , notre flottille , l'Empereur lui-même , toute l'expédition enfin qui l'attendait vainement à Brest , à Boulogne et au Texel !
L'Angleterre ainsi fut sauvée ! Et qu'on ne dise plus que la diversion préparée par Pitt sur le, continent eût pu y retenu* notre Empereur. Ce danger prévu venait d'être prévenu. Déjà nos forces se réunissaient au delà du Rhin , sur ce fleuve , et en Italie : elles contenaient l'Autriche. Duroc venait d'être , aussitôt , dépêché à Frédéric pour lui livrer le Hanovre, au prix d'une alliance offensive, qu'il semblait , une seconde fois, prêt à accepter. D'ailleurs le traité de Londres avec la Russie ne datait que du 1 1 avril ; l'Allemagne répugnait à une guerre dont elle devait être le théâtre ; la Bavière nous était dévouée ; Vienne, en dépit de ses préparatifs menaçants , hésitait ; son accession formelle à une troisième coalition n'avait pu être obtenue que le 1 1 août ; elle n'osait l'avouer.
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I^ 3 septembre elle ne se montrait encore , ouvertement, que médiatrice; à cette heure-là, et depuîi quinze jours , le sort de Londres eût pu être décidé ! Dès lor> cette capitale, le trésor, le nerf de toutes les coalitions , se trouvant saisie , et probablement Pitt ayant été forcé de capituler, Napoléon eût impâieusement dicté à TÂutriche les conditipns qui eussent convenu à sa politique !