CHAPITRE.VK S4I
quelques légères différences de temps et noA de résultats y entre Munich et Vienne , elles furent à notre avantage. Souvent et longtemps après, ce ministre, toujours pénétré du même étonnement, m'a répété qu41 n'avait pas moins admiré la décision nette et prompte de Napoléon à abandonner, sans hésitation, tant d'apprêts immenses, que la justesse de ses prévisions, quand il le vif se retourner, avec un changement si complet de combinaisons , contre d'autres adversaires.
Toutefois cette dictée à Daru resta secrète. L'Empereur avait été ressaisi d'un nouvel espoir. Ses vives et dernières instructions, des 1 1, i3, i4 et 22 août, en sont la preuve, Elles disaient : a Qu'il serait trop désce honorant qu'une échauffourée de trois heures fit ce manquer d'aussi grands projets ! qu'il y fallait perce sister fortement. Gravina n*est que génie et décide sion; pourquoi Villeneuve n'a-t-il pas son caraccc tère? Quand les Anglais, partout menacés, sont a partout épuisés et dispersés, Villeneuve, à la tète de ce tant de braves marins , laissera-t-il tout périr d'itf naction et de découragement? Dix-huit vaisseaux se « laisseront-ils donc bloquer par quatorze voiles! »
Le 22 août il écrivait encore vainement à Villeneuve et à Gantheaume : ce Partez ! venez dans la Manche , ce et l'Angleterre est à nous ! et six siècles d'insultes et ce de honte seront vengés! » Les jours suivants, en dépit des nouvelles de plus en plus alarmantes de FAulriche , de la fuite de Villeneuve et du découragement de Decrès, il n'avait pas lâché prise encore sur l'Angleterre. Mais enfin, dans les derniers jours d'août,
142 LIVRE DIX-SBPTIËMB.
trop certain de l'irréparable défection de son amiral, on le lit y à table , briser le verre qu'il tenait en a main, et s'écrier : « £h bien 1 puisqu'il fisiut y rencMioery <^ nous entendrons la messe de minuit à Vienne ! s
Alors j tout ayant été secrètement ordonne , depuis le ^3 j pour ce retournement complet et subit vers le Danube, et, le 26^ pour une nouvelle levée de soiiante mille hommes, il jeta un dernier regard de regirel et de douleur sur l'Angleterre; et, se livrant à son indignation , il dicta sept chefs d'accusation sous ksquds devait succomber le coupable Villeneuve. Puis, dominant tout, jusqu'à lui-même, il reprit son calme; et, dans une note écrite sans amertume, U déposa la grandeur du projet qu'il était contraint d'abandonner. D en résuma le plan, comme pour en conserver ou tnnsmettre la conception, en justifier la possiluiité, et prouver combien il avait été près de réussir. H indiqua comment, et avec quelles modifications on pourrait un jour le reprendre, et ce que, en attendant, on devait faire de la flottille.
Dans d'autres instructions ultérieures il voulut que , à Cadix, Rossilly remplaçât Villeneuve; et que, fort de quarante voiles, il allât régner sur la Méditerranée. On verra plus tard le désastre qui résulta de l'exécution de cet ordre par Villeneuve lui-même. En effet, de là ce funeste combat de Trafalgar, 011 Nelson périt, mais aussi notre marine! Nous n'eûmes plus de flotte; il nous resta seulement quelques escadres. Alors oommençait l'heureuse croisière de Lalleinaud abandonné dans les mers du Ferrol par Villeneuve, ce qui ajouta au désespoir de celui-ci, en rendantLalIemand célèbre.