CHAPITRE IL SSS
en exdepte ce gënëral et bien peu d'autres, elle étaiti tout entière, sans reproches. Jamais on n'en vit une aussi ardente et aussi confiante ; curieuse, d'ailleurs, de montrer, pour la première fois, à l'Allemagne son héros de l'Italie, et impatiente de combats, après deux ans de campements et de manœuvres qui lui^avaient donné le plus complet et le plus vigoureux ensemble.
Au jour marqué, à l'heure fixe , tous étant arrivés à leur destination, et, comme les autres, Bernadotte, le seul qui, par quelques observations, se fût soulagé du chagrin que lui coûtait toujours l'obéissance , je reçus l'ordre, le 23 septembre, de me rendre au Luxembourg et d'y prendre, avec un détachement de la Garde impériale, le commandement de ce Palais du Sénat, pour y recevoir Napoléon qui y vint aussitôt déclarer la guerre. Mon père et Regnauld de Saint-Jean d'Angely , conseillers d'État, y portèrent les projets de sénatus-consultes pour les nouvelles levées de quatre-vingt mille hommes et de la garde nationale. Napoléon termina par ces mots : a Français, votre Empereur fera c son devoir, mes soldats feront le leur, vous ferez « le vôtre! » Après quoi il retourna à Saint-Cloud, tandis que je partais pour Strasbourg , où je ne le précédai que de vingt-quatre heures.
Il y arriva avec l'Impératrice, le 26 septembre. Pendant qu'il s'y faisait rendre compte de la position de l'ennemi ; qu'il y enflammait les siens par une procla- 'mation éloquente; qu'il rassemblait, et faisait charger de munitions vingt mille chariots alsaciens, et poussait en avant, dès le premier jour, tous ses corps d'armée, il rassura l'Allemagne par une note contre toute sup-
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position d*en)piètement de la France au delà du Rhin, et acheva d'entraîner dans sa cause la plupart des Princes régnant sur la rive droite de ce fleuve.
PLicés entre deux feux , ceux-ci n'étaient pas tous décidés encore. L'Électeur de Bavière, retiré à Wuriihourg avec son armée, et pressé en sens contraires, d'un côté par Bernadotte, de l'autre par un mimslie autrichien y hésitait à se déclarer ofTensivement. « Que a m'apportez-vous enfin?» s'écria Napoléon, du plus loin qu'il aperçut l'odicier qu'il venait de lui envoyer: « Est-il pour nous ou contre nous? — Pour nous, réa pondit Lagrange ! — C'est mieux ! » repartit TEmpereur, qui n'en avait guère pu douter.
Quant à l'Électeur de Wurtemberg , dont il nous Mlait traverser les États , le général Mouton , depuis comte de Lobau, lui fut envoyé. En même temps Ney marcha sur la capitale de cet Électorat. U venait même d'en forcer les portes, quand l'aide de camp de Napoléon descendit chez notre ministre. « Votre mission ce sera diflicile, lui dit celui-ci; rÉledeur jette les <c hauts cris ; il est, ce qui est rare , à la fois irascible ce et ferme; il fera du bruit! — Pas plus quune \ /^ (( pièce de canon ! répliqua l'aide de camp , et j*y « suis fait. » Puis aussitôt il se fit présenter au Prince, qui , prévenu y le reçut au milieu de son Conseil.
Le ministre avait prédit juste : la scène en effet fut violente. Dès les premiers mots l'Electeur interrompit, et tout rouge de colère : « Que me voulez-vous? s*écria- « t-il, vos troupes envahissent mes Etats 1 elles vio- (c lent ma neutralité ! c'est une trahison ! Que vient c faire ici votre Bonaparte ? Un Prince d'hier, un