CHAPITRE V
Ce jour-là, 9 octobre, l'Empereur poussa d\iboid jusqu'à Vertingen, pour examiner, selon son habitude, le lieu du combat, juger des coups , passer en revue les vainqueurs , les récompenser, et fertiliser ainsi , au milieu de Foi^eil du succès , le champ de cette première victoire. Ses paroles, celles à la division Klein surtout, les exaltèrent ! Ce ne fut pas seulement en masse, ce fut en détail qu'il excita. Entre autres exemples, un sousofïicier de dragons , cassé Tavant-veille par son colonel, lui avait sauvé la vie le lendemain , en risquant la sienne . Napoléqn l'interpella, «c J'avais eu tort avant-hier, « répondit le soldat, hier je n'ai fait que mon devoir. » Et l'Empereur le décora aux acclamations de ses camarades!
Un chef d'escadron avait été cité ; il fut aussitôt admis dans la Garde impériale.
Exelmans, déjà remarqué par un coup d'œil prompt, par une décision intrépide , et qui osait exécuter sur-lechamp ce qu'il conseillait , avait le premier arrêté la marche de flanc dé l'ennemi par une charge à fond sur la tête de sa colonne; puis, faisant mettre pied à terre à ses dragons, il avait enlevé , avec cette infan-
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terie improvisée y le village de YertiDgen. « Je sais « qu'on ne peut être plus brave que youS| lui dit a l'Empereur; je vous nomme officier de la Légion (c d'Honneur! y> C'était pour cet officier une double promotion : on peut juger de rémulation qu*dle dut produire.
Le lo l'Empereur continua jusqu'à Burgau, doù il alla reconnaître l'ennemi jusqu'à PfaflTenhoffea. Il venait d'écrire à Joséphine : a Que les Russes étaient <c encore au delà de l'Inn ; qu'il tenait bloquée , sur <c l'iller y l'armée autrichienne ; que l'ennemi déjà battu a avait perdu la tête ; que tout annonçait la campagne n la plus courte et la plus brillante, mais toujours « dans l'eau , par un temps affreux qui le forçait de (c changer de vêtements deux fois par jouri »
A la fin de cette, journée son quartier fat établi à Âugsbourg j où il n'arriva qu'à dix heures du soir et resta deux jours. On a vu^ dans le résumé [fféoédent, ce qui l'y retint; pourtant ici, notre point de vue étant surtout Napoléon et nous, il exige 4*^utres détails.
En ce moment, et depuis le passage du Danube, sa Grande Armée , partagée en deu^, faisait à la fois face à TAutriche et à la France : à l'Autriche, par soixante mille hommes maîtres de la Bavière , sous Dayout et Bernadette; à Mack et à la France, par cent quarante mille hommes répandus en Souabe, depuis Albeck jusqu'à Landsberg, et dont il s'agissait maintenant de rallier la plus grande part sur le point d'attaque. Napoléon, arrivé le lo octobre dans Augsbourg, s'y trouve placé entre ces deux masses. Il y demeure