CHAPITRE II
daient dans cette ville. Ce furent, d'un côté, les transports de reconnaissance que TÉIecteur de Bavière accourut lui témoigner; ceux de l'admiration de la France que les députés du Sénat vinrent lui exprimer. D'autre part ce fut l'impatiente attente des nouvelles du Tyrol, qu'il ne pouvait laisser plus loin derrière lui, sur le flanc droit de sa ligne d'opérations, sans en avoir appris la conquête ; puis, en avant de lui, l'espoir d'un combat décisif sur l'Enns , bientôt déçu , mais aussitôt remplacé par celui d'une bataille à Saint-Pœlten ; puis l'offire insidieuse d'un armistice qu'apportèrent Giulaî et Lichtenstein ; enfin l'arrivée de Duroc, ne lui rapportant de Berlin qu'une espérance : celle que Frédéric , pour se décider, soit à rester neutre soit à se joindre à nos ennemis , attendrait le sort des armes.
Quant au Tyrol , à notre flanc droit et à nos derrières , l'Empereur fut bientôt rassuré par la nouvelle des victoires de Lowel et de Scharnitz, et par la capitulation vers Feldkîrch, devant Âugereau, des six mille hommes de Jellachich, échappés d'Ulm. A Lowel, des retranchements , liés à des rocs inabordables , avaient été enlevés par Déroy et sa division bavaY'oise. A Scharnitz , huit mille soldats de Ney avaient vaincu la saison , les lieux les plus âpres , et dix-huit mille hommes. Pendant que Ney avait attaqué de front , d'autres, sous Roguet, gravissant des pics chargés de neige et de glaciers, crus impraticables par les Tyroliens euxmêmes, étaient apparus miraculeusement au-dessus du fort et de ces montagnards, confondus de tant d'audace! Scharnitz, ainsi tourné et pris à» la gorge,
s'était rendu. Ce double élan avait décidé du sort de tout le reste de cette énorme masse de montagnes.
Restait encore à garantir le flanc gauche de notre ligne d'opérations, menacé par Târmée prussienne mise sur le pied de guerre. Ici , quél^u*insufiisantes qu'elles fussent, toutes les précautions possibles furent prises. Augereau et ses quatorze mille hommes durent être rappelés de Feldkirch, en Franconie, sur la rive gauche du Danube. Mortier fut détaché, sur cette même rive , avec quatre divisions. Elles reçurent l'inrdre, en marchant à notre hauteur, et de conserve avec notre flottille renforcée , de faire observer, à leur gauche, tout mouvement possible de l'ennemi dans la Bohême. En même temps une armée dû Nord fut créée par un ordre retentissant, daté de Lintz. Français, Bataves, douze mille Espagnols sous La Romana, et toutes nos forces sur le Rhin, y furent appelés avec d'autant plus d'ostentation, que leur réunion à temps, sur l'Escaut et sur le bas Rhin, était impossible. C'était un £)n* tome, mais évoqué par une voix faite aux prodiges 1 Ce fut surtout à ce simulacre d'armée que Napoléon confîa le soin de contenir la Prusse, et de prévemr les Anglo-Suédois, qui de ce côté menaçaient d'une descente. Il usait ainsi de la force morale de sa renommée ; il en doublait sa force matérielle, sans en abuser encore.
Pour Farmistice que l'Empereur d'Autriche , épouvanté de notre approche , et déjà rebuté des exigences et de Tarrogance russes, envoyait lui demander, il répondit que la paix était possible à des conditions qu'A allait dicter, ce quil fit dans une lettre; mais ^