‹ Histoire et mémoires (volume 5)Chapitre 237 sur 311 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

On a VU que Murât venait d'être vivement réprimandé de l'emportement de son ardeur à courir à

Vienne, et à entrainer après lui les corps des maréchaux Lannes et Soult. L'événement prouva cependant que, cette fois, il ne s'était pas trompé. Il se peut même que, dans ce but devenu bien plus pressant à atteindre, comme on va le voir, les contre-ordres de TEnipereur à ces trois corps lui aient fait perdre vingtquatre heures, dont les Russes profitèrent.

En effet, son espoir d'écraser , sur la rive droite, le premier corps russe en avant de Vienne , étant ihistré , et Vienne et cette rive lui étant abandonnées, dès qu'il sut Mortier sauvé, un autre espoir le saisit : celui de devancer par la rive droite, en courant à Vienne, Tennemi qui lui échappait par la rive gauche; d'y surprendre le passage du Danube, d'où, se prédpitant en force sur cette autre rive, il s'inteiposerait entre Kutusow et Buxwoden, coupant k la première armée russe sa retraite sur la seconde, et la Caiîsant prisonnière en Bohême, comme il avait pris Macken Souabe.

Il est vrai que , pour qu'un tel espoir se réalisât , il fallait qu'il arrivât deux choses invraisemUaUes : d'abord , que Vienne , assez forte pour nous arrêter quarante-huit heures , sans danger pour elle , nous ou- ^Tit ses portes ; puis, qu'elle nous livrât intacts ses ponts sur le Danube. Ce fut pourtant ce qui airiva. Soit découragement de l'Empereur d'Autriche , soit haine d'alliés , qu'avouaient hautement ses officiers contre les Russes , Vienne ne fit aucune résistance ; quant a ses ponts , une ruse de guerre nous les livra.

Pendant que Giulaî, revenu en parlementaire, était attiré et retenu le 12 à Saint-Pœlten, Lannes, Mural,

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