‹ Histoire et mémoires (volume 5)Chapitre 243 sur 311 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Cette journée et celle du lendemain 3o novembre se passèrent en revues et reconnaissances. Jamais champ de bataille ne fut mieux exploré et mieux préparé. Le 29 ce qui parut l'occuper le plus fut la défense du Santon. Il se hâta de le faire retrancher, armer et approvisionner comme un fort. Plusieurs fois il m'y envoya ou répéter ses ordres , ou voir s'ils étaient exécutés; et non content il y revint encore lui-même, et en gravit à pied l'escarpement. Il y plaça aussitôt le 17"® léger et le général Qaparède , leur ordonnant d'y brûler leur dernière cartouche et de s'y faire tuer, s'il le fallait, jusqu'au dernier.

Cependant déjà la marche des colonnes russes et des mouvements de cavalerie, au loin et au delà de notre aile droite, indiquaient à l'Ëmpqp^eur qu'elles tenteraient de cet autre côté de notre ligne, leur plus grand effort. Il les observait , et , s'en applaudissant, il les laissait faire, sûr qu'on ne tourne |>as un ennemi redoutable et prêt, sans se trouver tourné soi-même , et que le résultat montrerait qui des deux aurait réellement coupé la retraite à Fautre !

Ce fut évidemment dans cette pensée que, le 3o no vembre, s'étant arrêté sur le grand plateau de Pratzen qui s'étend vers Âusterlitz, il prononça ces paroles que nous entendîmes et que l'événement du surlendemain rendit prophétiques : «c Maître de cette belle position, a nous dit-il, j'y pourrais arrêter les Russes; mais a alors je n'aurais qu'une bataille ordinaire , tandis tf que, en la leur abandonnant et retirant ma droite.

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<c s*ils osent descendre de ces hauteurs pour m'envea lopper , ils seront perdus sans ressources l »

En conséquence , déjà ce jour-là et le lendemuo i'''^ décembre, retirée en arrière de ce plateau, notre ligne de bataille oblique, la gauche en avant, avait a droite refusée et comme dérobée , en arrière des lacs de Melnilz et de Telnifz ou de Satschau. Notre estréme gauche au contraire , se présentant forte , était avancée ; elle s'appuyait à ce monticule escarpé nommé le Santon, appelé ainsi , disait-on, d'un tombeau que jadis y avaient laissé les Turcs. Ce mamelon est sur le bord et à la gauche de la grande route d*01matz : notre ligne marquée, d'un bout à'I'autre, parle raîssean encaissé et marécageux qui coule du Santon jusqu'à Melnitz , en était couverte. Elle était même presque cachée , de droite à gauche , d'abord dans les basfonds de ce ruisseau et des deux lacs, puis par quelques bois, et surtout par six villages, ceux de Mdnits, Tdnitz , Sokolnitz , Kobelnitz , Pontowitz et GhirokoinUi

Davout, accourant de Vienne avec deux dhriskMis seulement, l'une d'infanterie, l'autre de dragoos, devait, à l'extrême droite , garder Meinitz. Sooit, avec trois divisions distendues et une brigade de cavalerie en avant, occupait les cinq autres villages. Tout le reste en masse, le corps d'armée du maréchal TjmiwiKy Mih rat et sa cavalerie, Duroc, Oudinot et leurs grenadîerSi la Garde Impériale et quarante canons^ Bemadotte enfin , appelé de Brunn au dernier moment , étaient ou allaient être rangés, en lignes redoublées , à notre gauche, de Ghirzikowitz par delà le Santon^ et en titvers de la grande route.

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