CHAPITRE Vil
Le plateau , attaqué de front j et à revers de gauche à droite , fîit escaladé au pas de course. Le premier coup de canon , sur ce point-là j fut russe. L'ennemi se trouva surpris ; les uns marchaient toujours vers leur gaucheries autres nous faisaient face sur^trois lignes; elles tinrent mal. On méprisa leurs premiers feux; on les attaqua à l'arme blanche, et ces lignes tournèrent successivement le dos. Elles abandonnèrent leurs sacs déposés à terre devant elles , leur artillerie même, et s'enfuirent devant nos baïonnettes. A neuf heures, et de notre côté, la bataille, péniblement sur la défensive en arrière à droite, déjà victorieuse en avant au centre , et menaçante à notre gauche , était engagée sur tout notre front.
Vers onze heures tout avait réussi selon les prévisions de l'Empereur. Le centre russe était percé, ses deux ailes séparées; mais il fallait conserver cet avantage et en profiter : il fallait se maintenir au centre contre les réserves russes, et à la fois surprendre en flanc et en arrière les masses de la gauche ennemie, pendant qu'eUes se ruaient violemment contre notre droite qu'elles écrasaient ! Nous entendions leurs coups en arrière à droite de nous , du haut de cette position centrale que si rapidement nous venions de conquérir.
Vers midi j'y retrouvai TEmpereur. Je revenais, par son ordre , d'appeler sa Garde à pied et de conduire sur une éminence, en arrière du ruisseau et de ce plateau , les grenadiers réunis de la réserve. Lui-même , avec la cavalerie de sa Garde , venait de s'y avancer et d'y faire monter à sa gauche Bemadotte. Il se
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défiait de ce maréchal ; il m'envoya lui renouveler lo ordres et en observer Texéculion.
Je le trouvai à pied à la tête de son infanterie. Agité j inquiet j il demandait à ses soldats un calme dont lui-même ne leur donnait peut-être pas assez l'exemple. Ce n'était point, il est vrai, sansnx>Cif. H me montrait des masses formidables de cavderie s'amoncelant en face de lui ; il se plaignait , à trop haute voix , de n'avoir point un seul escadron à leur opposer; enfin il me pria si vivement d'aller supplier Napoléon d'envoyer de la cavalerie à son secours , que ne pouvant résister à ses instances je retourui les porter à l'Empereur. Napoléon me répondit avec impatience : a Hé! il sait bien que je n'en ai point de (c disponible ! » 11 venait, en ce moment, de placer en avant de lui tout ce qu'il en avait sous la maôn. C'était , avec une batterie d'artillerie', toute la cavalerie de sa Garde ! En même temps , force de dégarair à son tour ce plateau central , il jetait à droite les deux divisions de Soult et sur le flanc et sur les demères de Taile gauche des Austro-Russes, qu'il achevait ainsi de séparer de tout le reste.
Dans ce mouvement un retour offensif de Viobnterie alliée, appuyée par la Garde russe , faillitébnnler Vandamme et Saint-Hilaire ; ils le repoussèrent à la baïonnette : ce fut le moment critique de la bataiUel
11 était une heure. Napoléon, au sommet de ce jda* teau dominateur, voyait devant lui la Garde d'Aknndre s'avançant en masse pour l'en chasser et le hn reprendre. Au même instant il entendait en arriérai i