‹ Histoire et mémoires (volume 5)Chapitre 256 sur 311 · CHAPITRE YIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE YIII

ëpars et en déroute. L'Empereur en donna Tordre; il adressa plusieurs mots heureux aux officiers et aux soldats près desquels il se trouvait ; puis j quittant les lacs, il revint de notre droite à notre gauche , jusque sur la route d'Olmutz. Dans ce trajet sur toute la ligne de bataille jonchée de blessés*, comme il s'arrêtait à chacun d'eux , la nuit le surprit. Le brouillard du matin retombait alors en pluie glacée et augmentait l'obscurité. Il recommanda le silence, afin de pouvoir entendre les gémissements de nos malheureux soldats mutilés; lui-même allait les secourir, leur faisant donner, par Ywan et son Mamelouk, Teau-de-vie de sa cantine.

Enfin, vers dix heures du soir, arrivé ainsi, de blessé en blessé et presqu'à tâtons, sur la route d'Olmutz, au point où s'embranche celle d'Austerlitz, il y passa la nuit dans la pauvre maison de poste de Posorsitz. Il y soupa des vivres que lui apportèrent les soldats des bivouacs voisins, s'interrompant à tout moment , et envoyant ordre sur ordre pour faire ramasser nos blessés et les porter aux ambulances. Ce fut là que, retrouvant Raap avec sa blessure au front, il lui dit : « C'est un quartier de noblesse de plus, et je n'en « connais pas de plus illustre ! »

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