‹ Histoire et mémoires (volume 5)Chapitre 260 sur 311 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

son Monarque, avec tous les soldats de la Garde russe compagnons de son infortune.

Ici THistoire est, à regret, forcée d'ajouter que, dans ses bulletins d'alors, soit douleur de tant de sang répandu , soit qu'il crût ses paroles devenues aussi puissantes que ses armes, il envenima la haine et accrut le nombre de ses ennemis ouverts ou secrets , en croyant achever de les abattre. Elle blâmera, dans ces publications , quelques comparaisons outrageantes , et surtout l'amertume de ses accusations inçiprudentes contre les Conseillers russes et allemands , qu'il dénonçait comme achetés par l'Angleterre. A cela, et pour en finir promptement avec ces pénibles vérités, hâtons-nous de joindre encore la désapprobation qui, trois semaines plus tard à Schœnbrunn , s'attacha à la violence du* manifeste que renferme le bulletin du 26 décembre. Certes la vengeance , alors prête à , tomber sur l'implacable Reine de Naples , était méritée ; mais on trouva qu'à la punition il était superflu d'ajouter l'insulte; qu'on avait droit d'attendre de tant de force contre tant de faiblesse , plus de mesure ; et qu'enfin respecter plus son ennemie c'eût été se mieux respecter soi-même !

Mais l'indignation, contre tant de paroles violées, l'emporta.

Néanmoins, comme il n'y avait rien de vain en lui , comme il ne parlait et n'agissait jamais que dans un but , si de tels éclats de colère l'accusent , ce but l'excuse. La paix de Presbourg, à la veille d'être signée, celle avec la Prusse, ébauchée à Vienne , n'étaient pas ratifiées encore; il fallait, à la fois, achever d'éteindre

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cette coalition et en empêcher une autre de s'allumer : de là ses paroles menaçantes. U crut ainsi terminer la guerre, mais c'était en jeter dans les cœurs des germes nouveaux; et, qu'il y ait eu calcul ou passion dans Tamertume de ces menaces, l'Histoire ne les lui reprochera pas moins ^ comme une

faute.

Cette part faite au hlàme, on ne verra dans tout le reste qu'à approuver. Et d'abord , son baluletë dans la courte campagne diplomatique qu'il venait deoomniencer : là , comme dans la guerre quïl vient de finir, il dompte, séparément et successivement, ses adversaires. Tandis qu*il laisse Talleyrand,dansBninn, aux prises avec TAutriche, lui-même, rapideaient re* venu le i!2 décembre à Schœnbrunn, s*y attaque dès le lendemain à d'Haugwitz. Il détache ce ministre prussien de la coalition , malgré le serment prêté par son Roi le 3 novembre. L'Autriche dès ion reste isolée , et le surlendemain 1 5 d'Haugwitz est renvoyé à son mattreavecun traité offensif et défensif, acheté toujours au prix du Hanovre, que Napoléon, après comme avant son triomphe d'Austerlitz, abandonnait à ce Prince.

Ce traité donnait Anspach à la Bavière, et à nous, les principautés de Clcves et de Neufchfttel. En même temps, et par d'autres traités signés les lo, i>, et 2o décembre , Napoléon s*est empressé de faire partager à ses alliés les fruits de sa victoire. Bade et le Wurtemberg en sont augmentés de plus d*un quart; la Bavière, de Passau , d'Eichstoedt, d'Augsbourg, de la Souabe îiutricliicnne et du VorarlelxT.^ , à quoi le

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