CHAPITRE VIII
Tyrol enlier allait élre ajouté encore. Ces deux Électeurs sont reconnus Rois : ils sont affranchis de toutes sujétions féodales envers TAutriche.
Le retour pacifique d'Haugwitz à Berlin allait aussi contribuer à débarrasser le Hanovre déjà envahi et la Hollande menacée , d'une invasion de quarante mille Anglais, Russes et Suédois, qui, se rembarquant, disparurent dans les mers du Nord et dans ses glaces.
Pour nous, ce que nous admirâmes surtout alors , cela étant plus à notre portée , ce fut dès Brunn , et à Schœnbrunn principalement, l'active et habile prudence de tous les moyens que l'Empereur employa pour remettre promptement son armée sur le pied le plus formidable , afin d'en appuyer ses négociations. Ordres de ralliement, appels de renforts, visites d'hôpitaux , consolations , encouragements à nos blessés , revues , ordres du jour, éloges , reproches même y et récompenses les plus généreuses, rien enfin ne fut négligé, rien oublié : il y fut infatigable. Nous le vîmes aussi actif quand tout était fait, que si tout eût été à faire; et le lendemain d'une victoire aussi décisive, comme s'il eût été à la veille de la gagner I
Ce ressort ne se détendit que le 27 décembre , jour où il ratifia la paix de Presbourg. Parce traité, qui confirmait les précédents et ajoutait le Tyrol à la Bavière, l'Autriche ne gagnait, pour elle et pour ses Archiducs , que le pays de Saltzbourg et le Grand-Duché de Wurtzbourg. Elle nous payait quarante millions de contributions de guerre. Elle perdait toutes ses possessions allemandes, distribuées à nos alliés. Ses pro-
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vinces du sud, au delà des monts, et Venise ëtaient sijoutées au royaume d^Italie. Les (ronlières de cet Empire, hostiles contre nous et nos alliés, furent ainsi retournées contre lui-même. Il perdit presque tous ses débouchés maritimes. Resserré dans ses possessions héréditaires ainsi mutilées, il resta démantelé, ouvert; et si , trois ans après , nous n'eussions pas engagé nos forces d'un c6té tout opposé, il eût été dians l'impuissance de recommencer la guerre.
Une entrevue avec rArchiduc Qiarles, entrevue digne de ce Prince célèbre et de Napoléon; de nobles adieux aux habitants de Vienne, et, le ag décembre, une dernière proclamation pleine de sentiments généreux et de répanchement de la plus touchante reconnaissance pour son armée , marquèrent II fin du séjour de TEmpereur à Schœnbrunn : il en putit le même jour, et arriva à Munich le 3o décembre.
Ainsi les trois derniers mois de i8o5 avaient suffi à la double campagne d'Ulm et d'Austerlitz et pour terîïiiner la guerre!
FIN DU DlX-hEUVlÈME UVEKt