‹ Histoire et mémoires (volume 5)Chapitre 286 sur 311 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

m riant ce Prince , avec une allusion beaucoup trop « flatteuse à des missions précédentes j puisque vous « êtes à la fois notre officier du génie y d'artillerie , de ft marine et d'état-major , partez encore; et, de même ff que de Catanzaro à Sainte-Euphémie, choisissez, <c dans la grande masse de TApennin , au travers de ce la Basilicate , la direction la meilleure et la plus a courte. Il s'agit de trouver et de tracer une ligne a de défense , et un chemin voiturable qui joigne la a route des Abbruzzes à celle de Naples : elle devra a unir Tarente et Gravina à Salerne; et, avec les *i deux mers, les productions de ces deux contrées. « Dans cette reconnaissance , vous envisagerez le pays ce sous tous les rapports commerciaux et militaires. »

Cela allait sans dire; mais, comme la mission était difficile et hasardeuse , puisqu'il s'agissait d'explorer un large pays tout de montagnes, où jamais Français n'avait pénétré, le ministre de la guerre, Dumas, m'adjoignit son aide de camp, Clermont-Tonnerre, officier d'artillerie, celui qui depuis est devenu lui-même, en France, ministre de la guerre. Trois dragons seulement devaient nous servir d'escorte , et nous partîmes aussitôt.

En résumé , le résultat de nos observations faites pas à pas, des renseignements multipliés que nous primes , et de nos levés faits en marchant et à vue d'œil, fut : que cette route, partant de Gravina, devait passer par Monte-Peloso, ville de cinq mille cinq cents habitants, par La Colonna ensuite ; puis, sous le commandement de Tolvé, ville de trois mille âmes, et en laissant, à trois lieues de côté, Accerenza qui en renfer-

su LIVRE VINGTIÈME.

mait, nous dit-on, sept mille; enfin, sous Vaglio et pir Potenza, que peuplent huit à dix mille habitants; d'où y franchissant la grande chaîne, ce tracé en redescendrait le versant opposé, près du Tito, pour atteindre La Âuletta en passant près de Satriano , en \ue du lac de Buda, par Vietri et près de Ca^iano.

Nous jugeâmes ()ue les principales difficultés à vaincre se rencontreraient à la montée du Peloso , à la descente sur le Bradano , à celle de Poczano sur le Basiento, et à la montée de Satriano ; que les localités habitées les plus favorables à la défense étaient : Mon le- Peloso, Tolvé et Potenza, en ayant égard auntk Accerenza ; que le développement de ce cheuûn «eraît de cinquante-six milles; et que, en exceptant les ouvrages d'arts à construire , généralement deux mille ducats par mille courant suffiraient à la dépense.

Pour les ressources du pays, on peut les apprécier par celles de Potenza ; cette ville centrale nous parut tellement à considérer que nous crûmes devoir y séjourner et en lever le plan en détail. Nous apprimes que son commerce, avec Saler ne seulement, élût de trois cent mille tomolis de grains de natures £veneS| de six cents quintaux de laine; qu'elle possédûl trentetrois mille tètes de bétail , plusieurs centainea de mulets, une manufacture de draps, un palais vaste, plusieurs riches couvents, de bons armuriers ; et qa*éUe tirait sa poudre de Tolvé , Rionégro et Acoerenia , poudre de contrebande , très-fine , fabriquée à Teiprit-de-vin , et pouvant porter à cent soixante-lroii toises le mobile de l'éprouvette.

Cette position de Potenza nous parut fort

Page 1