CHAPITRE Yl
par des combats d*arrière-garde. Il recula ainsi jusqu'à la Brenta, où il rallia Laudon et vingt-deux mille hommes; puis, jusquàla Piave^oii^le 1 6 janvier 1801, il obtint de Brune la suspension d'armes de Trévise.
Elle lui laissait Mantoue , dont la conquête était le principal but de cette campagne. Elle conservait de même Botzen à l'ennemi , Botzen qui séparait M acdonald de son aile gauche comme de Moreau; et cela, dans Tinstant même où cette aile, descendant des sources de T Adige , et nos divisions de droite remontant ce fleuve, allaient attaquer simultanément cette ville et peut-être y prendre le corps autrichien qui s'y trouvait enveloppé. De là Macdonald comptait s'élever, par Brixen et Prunecken , jusque dans la vallée de Ja Drave , où il se serait interposé entre les armées du nord et du midi de l'Autriche.
Un si malencontreux armistice fut désavoué par le Premier Consul, et repoussé hautement par Macdonald. L'attaque même de Botzen commençait lorsque Moreau intervint. Il voulait avoir conquis la paix à Hohenlinden et à Steyer. Macdonald, par amitié ou politique , céda : il se résigna à n'exiger que le libre passage dans Botzen et la réunion de ses corps au travers de cet obstacle. Ceci n'est digne de remarque que par l'évidence de l'accord existant alors entre Moreau* et Macdonald. En efTet , neuf jours seulement apï*ès 'a suspension d'armes de Trévise , Napoléon la fit corriger à Lunéville : Mantoue lui fut rendue. Quant au reste il importait peu , la paix étant désormais prochaine et infaillible.
Cette seconde campagne de 1800 en Italie, si bril-
lante pour chaque général ^ même après les coups d'éclat de Marengo et de Hohenlinden y mais si terne pour le général en chef de cette armée j laissa des semences d'inimitiés : d'abord entre Brune et ses généraux, puis entre Macdonald et Brune, enfin entre Macdonald et le Premier G)nsul.
Macdonald, soit clairvoyance, soit effet d'un' caractère haut et parfois ombrageux , reprochait à Brune de n'avoir pas secondé à temps sa pénible marche; puis , de n'avoir songé qu'à lui en ravir le but en le prévenant dans Trente par son aile gauche. Il s'irritait surtout de ce qu'il ne l'avait considéré que comme l'un de ses lieutenants, lorsqu'il l'avait enveloppé dans son armistice.
Ce mécontentement s'étendait jusque sur le Premier Consul. Pourquoi, le trompant comme l'ennemi, ne lui avait-il donné que quatorze mille hommes, quand il lui en avait promis trente mille? Pourquoi lui avait-il réservé la part de dangers la moins brillante, la plus pénible, et, dans ces combats contre la nature , l'avoir soumis en quelque sorte aux ordres de Ilrunck'^ Et quelle humiliation , s'il n'eût prévenu de quelques heures, dans Trente, Taile gauche de ce gt'néral! Sa faible armée harassée n'eût donc alors conquis pour tout résultat que des glaciers, d'où sortant sans gloire elle eût été contrainte à recevoir des mains de Brune ce ])rL\ de tant de fatigues, ce riche cantonnement , reinporU' par une dernière marche d'une rapidité pres(iue fabuleuse.
Avec de pareilles dispositions dans notre chef on peut juger de l'esprit frondeur et hostile (|ui s'enipiini