‹ Histoire et mémoires (volume 5)Chapitre 79 sur 311 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

on m'avertit que je devenais suspect , et que j'allais rendre insupportable ma présence au milieu de mes camarades.

Tel était le soulèvement de tous les esprits. On en avait déjà pu distinguer le germe^ quand nous avions appris l'attentat du 3 nivôse suivi de la déportation des terroristes. Cet attentat n'avait pas été accueilli avec l'indignation qu'il méritait; on l'avait même tourné en ridicule , tant l'esprit de parti est passionné. La fierté indépendante et jalouse des chefs s'excita de ces dispositions; elle espéra. On sait quels fruits amers elle produisit : elle fut fatale à Moreau quatre ans plus tard ; elle borna la carrière de ses lueiUeurs lieutenants, et suspendit, pendant huit ans, celle de notre général.

Au reste tout ceci fut moins sérieux à Trente qu'au quartier général de l'armée d'Allemagne , grâce à la joyeuse vie qu'on y menait, à la composition de l'armée, comme aussi aux mœurs douces et élégantes, aux nobles sentiments et à la constante gaieté du caractère heureux de Macdonald.

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