CHAPITRE I. 21S
accordait , dans tout l'Eihpire, au clergé de la religion romaine !
C'était, dans son dernier voyage en Italie, cette situation hostile avec Pie VIT qui, changeant ses projets, l'avait détourné de Rome. Jusques ici, quelque délicates que soient des questions pareilles , quelque répugnance qu'on éprouve à ne point donner entièrement raison au plus faible contre le plus fort, si d'une part on peut accuser Napoléon de précipitation et déjà d'abus de puissance dans l'exécution d'un projet trop vaste, comment, d'autre part, ne point admettre que le Saint-Père n'avait pas assez compris les nécessités de la position de l'Empereur, et que, cédant aux passions qui l'entouraient, il s'était trop roidi, peutêtre, dans l'intérêt inopportunément exagéré de sa puissance temporelle et spirituelle. Il semble donc que jusque-là les torts n'étaient pas entièrement d'un seul côté, comme ils le devinrent, et malheureusement avec excès, dès l'année suivante. On verra qu'ils éclatèrent alors par l'envahissement de Rome elle-même, par un commencement d'emprisonnement du Pape au château Saint-Ange, et par l'enlèvement des Cardinaux italiens et napolitains, sous prétexte que sujets de l'Empereur et de son frère, et rappelés par eux, ils leur devaient avant tout obéissance. Ces violences, et leur suite plus fâcheuse encore, seront bientôt l'un des tristes souvenirs qu'on sera forcé de retracer.
Maintenant un autre souvenir, bien plus fatal s'il se peut, nous appelle. Celui-ci, comme un spectre funeste attaché à la grande fortune d«? l'Empereur,
s'élève, et attire inévitablement nos regards dans la Péninsule Ibérienne; il va terminer le récit des faits les plus importants de Tannée 1807, et nous conduire à Tannée suivante.