CHAPITRE II
L'Espagne avait eu un grand et beau mouvement d'indignation le 21 janvier 1793 : elle avait déclaré la guerre à la France ! Mais, déjà dans les indignes mains de Godoï , elle avait été bientôt vaincue; et ce favori s'était effrontément fait appeler Prince de la paix, de cette paix honteuse résultat de sa défaite !
Dès lors , se retournant, plus honteusement encore, et pactisant avec la Révolution Française victorieuse, Godoï avait prétendu profiter, p^r Tintrigue , du malheur de la Famille Royale française déchue, qu'il n'avait pas su venger. On l'avait vu sacrifier l'honneur et livrer les intérêts de l'Espagne à la France, d'abord pour jouir plus paisiblement de sa scandaleuse fortune, puis dans le fol espoir de placer sur les débris du trône sanglant des Tuileries un Prince du sang espagnol.
Dès le 18 Brumaire Napoléon avait su tourner à son profit cette lâche et perfide politique. Vendant à Godoï sa protection il avait, par lui, entraîné l'Espagne à solder nos victoires continentales, et bientôt à partager le poids de nos défaites maritimes. Cependant , le désastre de Trafalgar et la conquête de Na-