CHAPITRE V
Royaume, la réduction, à quarante-deux mille hommes, de Tannée de Frédéric; la ruine d'une taxe de guerre de cent quarante millions, et cent mille Français et alliés, laissés sur l'Elbe sous Davout, en répondirent.
Quant à la Russie, son Empereur, alors aussi malheureux en Finlande que le noire en Espagne, et dans irne conquête à peu près aussi machiavélique, s'offrait de lui-même à nous seconder. 11 approuvait l'envahissement de la Péninsule ; il y excitait même Napoléon, et promettait de contenir l'Autriche. Tant de complaisance avait pour but d'obtenir Constantinople et ses détroits. Dans son avide impatience il demandait une entrevue qu'il offrait de venir chercher jusque dans Erfurt.
L'éclat d'une telle réunion devait accroître l'autorité de Napoléon , il l'accepta ; il ne négligea aucun accessoire pour en augmenter la magnificence. Toutes les séductions de son génie , tous les charmes de la France y furent prodigués. L'histoire, sans doute un jour, donnera tous les détails secrets de cette entrevue célèbre. Elle dira avec quel tact, plein de nuances délicates et d'une habileté soutenue, Napoléon sut enthousiasmer de la flexibilité et de l'universalité de son génie, de l'à-propos de ses générosités, et de ses formes affectueuses, les Rois, les Princes et les hommes de lettres allemands. De ces enchantements, les plus remarquables furent ceux dont ses entretiens particuliers enivrèrent l'ambition, la tête et même le cœur de l'Empereur russe. Et cependant, dès le premier jour, il avait mis hors de question, en les reléguant dans les éventualités possibles, les illusions d'Àlexan-