CHAPITRE VIII
En conséquence je reçus Tordre d'aller l'attendre, le2()novembre(i),àBoceguillas.C'estun assez joli village, à trois lieues environ du Sommo-Sierra, forte position dont la réserve de l'ennemi occupait les approches et le défilé. Ce jour-là, les clievau-légers polonais de notre Garde faisaient tête de colonne. Ils chassèrent les Espagnols de Carajas, autre village situé à l'entrée de la gorge du Sommo-Sierra. Ce régiment s'y établit et couvrit ainsi le quartier impérial.
L'Empereur arriva à Boceguillas à la fin de ce même jour. On éteignait, en ce moment, le feu qui venait de prendre à la maison située sur la place de ce village. C'était justement celle et la seule qui pouvait le recevoir. Dans la nuit qui suivit, un brouillard glacé, l'impatience du combat du lendemain, et l'odeur de l'incendie de la veille, l'agitèrent : il dormit mal. Cette odeur le chassa même de son quartier dans sa tente, d'où il vint, a plusieurs reprises, se réchauffer à nos bivouacs. Aussi monta-t-il à cheval trop tôt, dès que le rapport du matin arriva , et dès qu'il crut l'infanterie de Victor en tête, et prête à s'engager dans la montagne.