CHAPITRE IX
eut la bonté de recommander au général Belliard, gouverneur de Madrid, de ne me laisser partir que suffisamment rétabli. Enfin , et malgré la hâte subite de sa rentrée en campagne , en remontant à cheval , il me laissa la lettre qu on va lire, lettre qui, jointe à tant d'autres marques de son attachement pour les siens , ne permettra plus , je le pense , de l'accuser d'insensibilité et d'ingratitude.
« Monsieur Philippe de Ségur, j'ai éprouvé une vé- « ritable peine de vous savoir un moment en danger. « J'apprends avec bien du plaisir que l'état de vos « blessures vous permet d'entrer en convalescence, et « d'aller bientôt vous rétablir à Paris. Vous ne devez « avoir aucune espèce d'inquiétude sur votre sort; « vous m'avez donné des preuves de votre zèle, de « votre bravoure, et de votre attachement à ma ferce sonne. Votre principale affaire , à présent , est de « vous guérir de vos blessures , de manière à ne pas « vous en ressentir. Cette lettre n'étant à autre fin , « je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte garde (i)!
« A Madrid, le 21 décembre 1808.
« Napoléon. »
(i) L'original est aux Archives Nationales.