‹ Histoire et mémoiresChapitre 164 sur 266 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Pour en finir avec ces détails trop longs, trop personnels sans doute, j'ajouterai seulement, que, le 27 décembre, couché dans une berline chargée des drapeaux conquis, je partis de Madrid pour Bayonne, par Sommo-Sierra, Burgos et Vittoria. Une compagnie d'infanterie m'escortait, bivouaquant la nuit autour de moi et de ces drapeaux. Elle était si indispensable, qu'un officier en dépêche, ayant voulu , malgré nos avis, nous précéder de quelques pas, fut égorgé aussitôt qu'il se trouva hors de la protection de nos baïonnettes.

Enfin, le 7 janvier 1809, quittant pour la seconde fois cette Espagne, presque aussi fatale pour moi qu'elle devait l'être à l'Empire et à l'Empereur, je rentrai en France, et bientôt dans ma famille. Là, mes blessures longtemps ouvertes m'ayant retenu couché* plusieurs mois encore, il fallut remettre à la session prochaine, celle de 1809 à 18 10, la présentation au Corps Législatif des trophées conquis par nos armées d'Espagne en 1808. Mais, puisque cette dernière scène se rapporte presqu'exclusivement au sujet qui nous occupe, pourquoi en ajourner le récit? Le voici donc. Quant aux trois discours qui y furent prononcés, on les trouvera , si l'on veut, dans le Moniteur du temps.

Certes, pour un jeune colonel, avant tout passionné de gloire , on doit croire qu'une pareille journée fut la plus belle et la plus heureuse de sa vie entière. Mais tout s'achète ; et ce qu'on trouvera fort singulier peutêtre, c'est que l'instant qui précéda cette présentation.

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