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CHAPITRE XI. SOT

veaux avis, de plus en plus pressants, sur les préparatifs hostiles de l'Autriche. C'était comme en i8o5, et pis encore ; notre Grande Armée étant plus et plus loin engagée, et cette audace de Vienne, en dépit de notre alliance avec la Russie , pouvant faire soupçonner la foi d'Alexandre. Aussi vit-on alors l'Empereur changer d'allure, devenir pensif, s'acheminer lentement dans Astorga, d'où le lendemain, laissant Soult, qui y arrivait par Léon, poursuivre Moore, il rétrograda sur Benavente, où il séjourna, puis sur Valladolid , où il s'arrêta quelques jours encore.

Là, s'occupant surtout de la Péninsule qu'il allait quitter, il y laissa ses instructions et y fit plusieurs justices. L'une d'elles s'appesantit sur un couvent de Dominicains. Cesmoines,fidèlesàleurs cruels antécédents, avaient fait égorger l'un de nos officiers : on en avait retrouvé les restes dans leur monastère , dont on les chassa. Deux autres couvents, l'un de femmes, l'autre de Bénédictins, n'avaient point pris part à la révolte; l'Empereur les combla de grâces et d'éloges. Dans un village voisin, au contraire, vingt-cinq de nos dragons avaient été assassinés; il en fit rassembler la population sous ses fenêtres, et de son balcon il leur enjoignit luimême, sous peine d'être décimés, de livrer les meurtriers. Mais, soit opiniâtreté de haine, ou fidélité entre eux, soit que tous fussent également coupables, il n'en put arracher une parole; et il se vit forcé, pour l'exemple, à tenir la sienne!

En même temps, dans ses bulletins, il accusa les Anglais des plus grands désordres , s'efforçant ainsi, mais en vain, d'irriter contre eux la Péninsule. Enfin,

le 16 janvier, certain de leur expulsion et prêt luimême à quitter l'Espagne , Madrid ayant obéi à ses menaces, il acheva de rendre la couronne à son frère. Trois jours auparavant, la possession de cette couronne semblait avoir été assurée au Roi Joseph par une victoire du maréchal Victor, à Uclès, suivie de l'anéantissement des restes de l'armée de la Junte. Ce Prince s'empressa de renouveler dans sa capitale une entrée royale.

Cette réinstallation, après la déroute et la destruction des armées régulières de l'insurrection, au milieu des serments de fidélité de Madrid, de YaWadoHd et de plusieurs autres villes du Royaume ; au moment où la Catalogne était envahie par Saint-Cyr, Saragosse près d'être subjuguée par Lannes, et l'armée anglaise chassée de la Péninsule, paraissait y rendre désormais superflue la présence de l'Empereur, et clore glorieusement cette expédition. Tout cela autorisait suffisamment son retour en France, que des symptômes d'intrigues intestines et l'imminence d'une autre guerre déjà née de celle* ci, commençaient à rendre indispensable.

Ce dernier acte de la seule campagne qu'ait faite Napoléon en Espagne, venait de durer trois semaines, du 22 décembre 1808, jour où il quitta Madrid, au 16 janvier 1809, jour où il partit de Valladolid pour fiurgos. On a remarqué qu'il fit ces trente lieues en cinq ou six heures, sur ses propres chevaux disposés en six relais. Les nouvelles qui le pressaient le décidèrent à cette rapidité presque fabuleuse, et non la nécessité de prévenir les embûches des habitants; car, 4n dépit de nos vives appréhensions, pendant son sé-

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