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CHAPITRE I. lift

sive contre l'Autriche. Mais, en dépit du succès de cette négociation et d'une attitude de plus en plus menaçante, en dépit même de l'offre d'évacuer l'Allemagne entière, à Vienne le sort en était jeté; et il devint évident que, de ce côté, il fallait se préparer à d'autres périls.

Cette malheureuse affaire d'Espagne, le départ de tant d'hommes d'élite de notre Grande Armée d'Allemagne pour ce lointain et vaste abi me, où il venait de s'engager, avaient été pour l'Autriche une tentation trop forte et trop naturelle. Cet Empire militaire, mutilé et humilié , se redressant aussitôt , avait mis sur pied quatre cent mille hommes et sept cents canbns. Quarante mille soldats allaient envahir la Pologne , quatre-vingt mille l'Italie, cent soixante et quinze mille la Bavière et la Franconie ; le reste, toute la population virile, sous le nom de Landwehr, s'apprêtait à alimenter et à soutenir ce triple et puissant effort ! Cent millions anglais avaient été le prix de cette diversion, en aide aux armées de Londres dans la Péninsule Ibérienne.

Mais ce n'était pas tout encore : cet orage, qui s'amoncelait ouvertement contre la France , renfermait des feux secrets, prêts à s'étendre du nord au sud de la Germanie entière. Une grande association mystérieuse déjà commencée, celle des Fédérés de la Vertu% n'attendait là qu'une occasion. Pendant que tout ce qui nous restait de forces disponibles serait attiré vers le Danube ou rejeté sur le Rhin, dans toute l'Allemagne, dégarnie de ses vainqueurs , le signal d'un soulèvement national allait être donné : au centre, par

ie Prince dépossédé de Brunswick-OEls, prêt, à la tête d'un corps de réfugiés prussiens, à s'élancer de la Bohême ; au nord , par une descente des Anglais et par Schyller, ses hussards et quelques centaines de fantassins, qui, Réchappant de Berlin, devaient surprendre Magdebourg ; à l'ouest, en Westphalie, par Dornberg, l'un des chefs de la Garde même de Jérôme Bonaparte ; Dornberg s'était chargé de s'emparer traîtreusement de son Prince comme d'un otage; enfin au sud, par le général Chasteler, et surtout par l'aubergiste Hoffer, dont la voix appelait aux armes tout le Tyrol contre la domination détestée de la Bavière.

Toutefois, attachant peu d'importance à ces épisodes de la grande lutte qui se préparait, l'Empereur, à ces passions révoltées contre ses conquêtes, avait opposé les intérêts satisfaits des Rois de sa création. Dans le Nord il comptait sur l'alliance d'Alexandre; et, comme une révolution dynastique en Suède venait d'y terminer les hostilités/ un simulacre d'armée allemande, sous Bernadotte qui lui-même avait l'ordre de le rejoindre , puis un corps nombreux de Hessois et de Hollandais, lui parurent suffire.

Le point seul décisif, en effet, se trouvait sur les bords du Danube et en Bavière. Nos forces accou- . raient, pour s'y concentrer de plusieurs côtés différents. L'histoire dira avec étonnement l'immensité des combinaisons qui jaillirent alors, toutes à la fois, du génie de l'Empereur. Elle dira ses soins pour l'organisation de ses armées improvisées et de leurs nombreux magasins, disposés selon l'éventualité de Tat-

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