‹ Histoire et mémoiresChapitre 176 sur 266 · CHAPITRE 1. 3IT · texte numérisé non relu

CHAPITRE 1. 3IT

laque ou de la défense; ses ordres pour l'administration et la défense de l'Empire pendant son absence ; ses instructions à ses envoyés extérieurs et à tous ses généraux de terre et de mer : ces instructions, toutes aussi précises, aussi détaillées Tune que l'autre, embrassèrent non-seulement la France, l'Espagne, l'Italie \ l'Allemagne, tout le Continent enfin , mais aussi la Méditerranée et l'Océan entier jusqu'au Nouveau-Monde !

Pour moi, je n'indiquerai ici, comme témoin, que quelques traces de cet incommensurable effort, le plus grand sans doute dont la tête d'un seul homme ait été capable. Quant à notre armée, il appela cent mille recrues sur la conscription de 1810, et soixante mille autres plus valides sur les quatre recrutements précédents. Il fit parcourir tous nos dépôts pour en tirer jusqu'au dernier homme. Les munitions de vivres et d'hôpitaux furent achetées en Souabe et eu Bavière. Il y fit lever des compagnies d'ouvriers, maçons, boulangers et autres , dont il connaissait l'utilité dans ses mouvements toujours rapides. Nous le vîmes remanier la plupart des cadres de ses bataillons, et en augmenter dans chaque régiment le nombre, de trois à cinq. Il porta , sous plusieurs dénominations , sa Garde à vingt-cinq mille hpmmes ; il y ajouta douze cents marins, pour s'assujettir le Danube, route mobile, dont le cours pouvait aider nos manœuvres ou leur faire obstacle.

Enfin, mettant sur pied toute la Confédération du Rhin, les Bavarois, les Wurtembergeois sous Lefebvre, les Saxons sous Bernadotte, il en exigea des contin-

gents devant composer, en tout, cent dix mille sabres et baïonnettes.

En même temps qu'en Allemagne il se prépare ainsi une armée de trois cent mille combattants , en Italie Murât et Miollis doivent lui garantir le sud et le centre de cette Péninsule, et le Prince Eugène, aidé de Marmont, le nord, avec une armée d'environ cinquante mille combattants présents sous les armes.

Quant aux forces effectives dont l'Empereur pouvait disposer, sur le Danube, pour le début de cette campagne, il s'était hâté de les rassembler. Masséna, en marche par Lyon sur les Pyrénées, rebroussant chemin, revenait, par Strasbourg etUlm, à la tête de trente mille hommes. La Garde accourait du fond de l'Espagne au travers de toute la France. Oudinot partait dé Mayence; et Davout, avec quarante-cinq mille hommes, marchait d'Erfurt, par Âmberg, sur fia Lisbonne. C'était en tout cent cinquante mille hommes, dontuntiersde Bavarois, de Wurtembergeoisetautres Allemands. Mais ce dernier tiers presque seul était en présence ; les deux autres tiers, ceux-là Français, partis de points inégalement distants et opposés, étaient encore plus ou moins loin de la Bavière.

Et cependant, depuis quinze jours, l'habile Archiduc Charles, en tête de cent soixante et quinze millehommes, pour la plupart déjà réunis en Bohême , n'avait que quelques pas à faire pour nous devancer, pour déboucher sur Ratisbonne, et pour s'interposer en masse entre nos colonnes. Le temps, l'ensemble et le nombre étaient à sa disposition ; il allait en profiter lorsqu'une divergence d'avis dans ses entours, en domi-

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