‹ Histoire et mémoiresChapitre 178 sur 266 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

sur cette ville, tandis que cinquante mille autres, détachés en avant sur le Haut- Abens ? nous séparent déjà de ce lieutenant ; qu'enfin , pour arracher Davout à ce péril et le rallier, lui, Napoléon , n'a sous la main qu'une division française de grosse cavalerie et trente mille Bavarois, le reste, avec Oudinot, Lan nés etMasséna, ne pouvant arriver en ligne que les jours suivants.

Son premier mouvement fut d'accabler Berthier de sa colère! « Ordres! Contre-ordres! Désordre! » lui cria-t-il en l'abordant ; le reste, qu'au dehors on n'entendit pas, est inutile à rapporter. Mais, aussi prompt à réparer la faute de son major général que l'Archiduc est lent à en profiter, il fait avertir .Davout d'abandonner Ratisbonne à une garnison , et de marcher à lui par Neustadt, le long du Danube, en se faisant jour, s'il le faut, au travers de l'aile gauche autrichienne.

En effet, le 19 avril, tandis que l'Archiduc, se séparant trop de sa gauche qu'il oppose à l'Empereur, s'est trop lentement avancé sur Ratisbonne pour y enlever Davout , ce maréchal rejoint Napoléon sur l'Abens par une marche hardie et habile, et une victoire disputée. Cette première victoire, que l'histoire nomme bataille de Thann, ceux qui voudront l'étudier en trouveront l'emplacement vers Tangen et Abensberg, entre Ratisbonne et Ingolstadt , sur la rive droite du Danube.

Napoléon , par cette première manœuvre , vient, en ralliant son armée, d'en arracher du milieu de l'ennemi la meilleure part. Qu'en va-t-il faire? Mais déjà tout avait été résolu, et cela avant même cette réunion avec Davout. Dès la première réponse à sa première question, le jour de son arrivée à Donawerth, une

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exclamation de sa bouche montre que, dès ce moment, tout le plan de sa campagne fut conçu tel qu'il se développa et qu'il fut exécuté les jours suivant».

Descendu de voiture, son premier mot, en entrant dans son cabinet et en jetant précipitamment les yeux sur la carte épinglée que Monthyon lui montra , avait été : « Où est l'ennemi? » La réponse fut : « L'Archi- « duc a passé l'Inn, l'Iser; puis il a tourné à droite, « et il est en pleine marche sur Ratisbonne. » A ces mots, Monthyon maintes fois m'a raconté : qu'il avait vu Napoléon se grandir, l'éclair jaillir de ses yeux , et, étendant son bras du côté de Ratisbonne, s'écrier : « Que dites-vous? Non , cela est impossible ! » qu'alors, sur une nouvelle affirmation , il a repris : «Non, « vous dis-je, cela ne se peut! Il se serait livré Jui- « même! Je vous le dis, c'est impossible! » qu'enfin , une' assertion plus positive l'ayant convaincu : « Je les « tiens donc! s'est-il écrié encore, transporté d'une « joie qu'indiquait son geste , l'éclat de sa voix et « de son regard; c'est une armée perdue! Dans un « mois nous serons à Vienne 1 »

Ceci, avec le succès de Davout, qu'on vient de voir, explique pourquoi , le lendemain ao avril , sur le point avancé de Thann , conquis la veille , où il se voit, à son tour, avec quatre-vingt mille hommes entre l'Archiduc et l'aile gauche de ce Prince , forte de plus de cinquante mille hommes détachés sur le Haut- Abens , il ne laisse à Davout que les forces nécessaires pour observer et retenir l'Archiduc vers Ratisbonne , ■dans ce repli du Danube où il compte l'enserrer;

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