‹ Histoire et mémoiresChapitre 179 sur 266 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

pourquoi , dans ce même jour, prenant à ce maréchal vingt mille hommes, qu'il donne à Larmes, il leur fait déborder et battre la droite de l'aile gauche autrichienne, ainsi détachée, tandis que lui, à la tête des Bavarois et Wurtembergeois , qu'il harangue et enflamme de son ardeur, il attaque en face, à Siegenburg, <;e même corps, qu'il culbute ainsi, de front et de flanc, dans le sud, sur User et dans Landshutt, d'où il le chasse le 21 ; achevant ainsi, en trois jours et en trois combats, de séparer entièrement l'Archiduc de sa ligne d'opérations , de ses parcs , de ses magasins qu'il lui enlève, et du tiers de son armée, pendant que, au contraire , il vient de rallier à la sienne Oudinot et Masséna, qui d'Augsbourg, et d'après ses instructions, «débouchaient de ce côté.

C'est alors que, sans repos, le quatrième jour, 2 a avril, laissant Bessières suivre au sud la déroute de cette aile gauche, il se retourne face au nord, avec Larmes, Masséna et soixante mille hommes, contre l'Archiduc lui-même; et que, courant se joindre, vers Echmùhl , à Davout qu'il a fait renforcer la veille , ils abordent et écrasent , de front et en flanc , le corps de bataille que ce Prince leur oppose. Cette impétuosité de Napoléon à profiter de l'instant où celui-ci s'était encore annulé en s' écartant trop vers sa droite, avec trente-six mille hommes, dans l'espoir tardif d'envelopper et d'écraser Davout , lui donne cette quatrième -victoire.

Le cinquième jour, a3, et par un cinquième combat, il rejette l'Archiduc par delà Ratisbonne et le Danube, d'où ce Prince se réfugie en Bohême, en implorant va*-

nement un armistice , tandis que son aile , vaincue l'avant-veille , fuit en Autriche au travers de l'Inn !

Deux cents lieues franchies en quatre jours ; dans les cinq journées suivantes : Davout sauvé et rallié ; cent soixante et quinze mille ennemis séparés en deux masses , battues et chassées , Tune dans le sud , l'autre au nord, avefc perte de cent canons, de cinquante mille hommes tués, blessés ou prisonniers, de leurs magasins et de leurs bagages; la Bavière reconquise; Y Autriche à découvert, et près d'être envahie; tel est le résultat de ce nouveau coup de génie, auquel peut-être rien, dans Thistoire ancienne et moderne, n'est à comparer !

Et cependant l'espoir de Napoléon était loin de s'être entièrement réalisé. En effet , si Ratisbonne , où Davout n'avait pu laisser qu'un seul régiment, sans autres munitions que celles de ses gibernes, eût été plus forte ou plus fortement occupée ; si le pont trop solide de cette ville eût pu être détruit ; enfin s'il eût été possible de la défendre deux jours de plus contre l'Archiduc , ce Prince , acculé dans ce repli du grand fleuve, comme l'Empereur l'avait prévu à Dona^erth, y eût peut-être fini , dès le cinquième jour, avec son armée et toute la guerre!

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