CHAPITRE IV
notre cavalerie inébranlable a resserré froidement ses rangs , sans cesse troués par l'artillerie ennemie qui la décima. De même que notre infanterie, elle s'est élancée à plusieurs reprises , crevant , renversant Tune sur l'autre, dans ses charges impétueuses, les lignes redoublées de l'ennemi; puis, trop faible, et comme perdue dans ce vaste espace , où convergeaient tant de feux, elle est revenue fièrement se remettre en ordre , et reprendre rang à sa place de bataille !
Pendant tout ce dernier jour l'Empereur, au milieu d'elle, au centre du combat, resta en butte à ces feux dévorants qui l'environnaient, et qui abattaient hommes et chevaux autour de lui. Calme au milieu de ce long ouragan de boulets et de mitraille , et veillant à tout , il a tout soutenu de ses ordres et de sa présence ! Il pressait en même temps l'arrivée de ses renforts ; mais ils ne commencèrent à le joindre successivement qu'avec la nuit.
L'obscurité ralentit , plutôt qu'elle ne fit cesser, cette première bataille , qui n'eut d'autre résultat pour l'ennemi que la possession nocturne et momentanée du cimetière d'Aspern. Dans la dernière heure du combat, Masséna et Legrand , en chargeant à fond , y étaient venus remplacer Molitor, réduit de moitié. Ce général fut placé à gauche près du Danube. Boudet demeura dans Essling. Le corps du maréchal Lannes , la jeune Garde et les cuirassiers de Nansouty arrivaient alors. On en regarnit le centre de la position; et, fort inquiet, mais fier d'une aussi glorieuse résistance, on attendit sous les armes le lendemain!
tbO LIVRE VINGT-QUATRIÈME.