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CHAPITRE V

Cependant l'Archiduc, étonné mais non rebute, vient d'appeler à lui toutes ses réserves. Dès trois heures du matin il recommence son attaque ; et d'abord Aspera retombe en son pouvoir. Bientôt Essling, qu'il fait assaillir, est envahi; Enzersdorf même, presque sur nos derrières , est menacé par son aile gauche. Mais, lorsque de toutes parts il se croit victorieux, la chance tourne ; et Saint-Cyr d'une part , Saint-Hilaire de l'autre, lancés à propos, ressaisissent les deux villages !

Il était sept heures. Napoléon , tranquille et ferme au milieu de ces assauts , venait d'observer la faute de l'Archiduc. De sa position concentrique il le voyait, étendu sur un vaste demi-cercle, ne songer qu a vaincre par ses deux ailes, négligeant son centre formé de recrues, se fiant trop, sur ce point , à une cavalerie et à une artillerie nombreuse et redoutable. Mais, pour profiter de cette faute , pour aller se jeter sur ce centre, au milieu de toute l'armée autrichienne, nos forces étaient encore insuffisantes ; il fallait Davout ! Néanmoins, fatigué de l'attendre, de se défendre, et comptant sur l'arrivée prochaine de ce maréchal, il se décide, et donne au maréchal Lannesle signal de cette attaque décisive !

Aussitôt, bondissant de joie, Lannes, à la tête de trois divisions d'infanterie et de notre cavalerie en seconde ligne , s'élance entre les deux villages; il monte au plateau; et, renversant tout devant lui, il crève le

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