CHAPITRE V. 3Ct
mais illustre. C'était le Roland de son Empire , son héros, le plus aimé! Il voulut que les restes de ce compagnon d'armes tant regretté fussent transportés sous le Dôme de nos Invalides , s'efforçant d'immortaliser sa douleur par ce tombeau placé au milieu des glorieux débris de nos grandes guerres !
On sait assez que les premières pensées de l'Empereur sur le champ de ses batailles, étaient pour les blessés; mais ce fut surtout après ce massacre d'Essiing, qu'il leur prodigua, plus encore qu'il ne fit jamais, les soins les plus touchants et les plus multipliés ; soit que là , plus qu'ailleurs , il en ait eu le loisir, ou plutôt qu'il se reprochât l'imprudence d'un passage trop mal assuré, et d'un combat risqué trop témérairement. Remarquons au reste que dans ce combat , où certes de tous les siens il avait le plus à perdre , il était un de ceux qui s'étaient le plus exposés.
Les faubourgs <Je Vienne, Ebersdorf aussi, furent transformés çn hôpitaux, où non-seulement lui-même chaque jour alla visiter tant de victimes, mais où il envoya maintes fois ses aides de camp en grand uniforme , suivis de valets de pied à sa livrée , surveiller leur rétablissement , consoler leurs souffrances, et leur distribuer tout l'or réservé jusque-là dans son épargne : soixante francs furent déposés au chevet du Ut de chaque soldat blessé ; cent cinquante et jusqu'à quinze cents, à chacun de leurs officiers selon le grade, et bien plus encore à leurs généraux transportés à Vienne.